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Sur quoi êtes-vous focalisés ?

Message dicté par Gautama Bouddha à travers Kim Michaels, le 8 janvier 2023 lors du webinaire du nouvel an 2023 « Être une personne spirituelle dans un monde chaotique ». (9/9)

JE SUIS le Maître ascensionné Gautama Bouddha. Nous abordons la dernière étape du Noble sentier octuple, celle de la concentration, qu’on pourrait mieux traduire par focalisation. Sur quoi êtes-vous focalisés ? J’ai dit qu’il est primordial de comprendre que le Noble sentier octuple – le chemin spirituel, le chemin vers des niveaux de conscience supérieurs – comporte des étapes.

On arrive à un certain point où l’on découvre un enseignement spirituel extérieur. Il ne s’agit pas ici d’évaluer son propre niveau spirituel au moment de cette découverte. À travers les âges, nombreux sont ceux qui ont appliqué ce principe et affirmé : « Voici un enseignement qui me paraît très sophistiqué et qui se prétend supérieur ou particulier sur le plan spirituel. Si je l’ai découvert, c’est que je suis forcément un étudiant spirituel avancé. » Ce n’est pas nécessairement vrai, ni nécessairement faux, mais il faut bien comprendre que nous vivons à une époque où l’information circule plus facilement que jamais.

Vous avez accès à des sites web, à des livres, et il est donc tout à fait possible de découvrir un enseignement spirituel sans être prêts, ou sans avoir atteint un certain niveau de conscience dans sa progression vers des niveaux supérieurs. Il ne s’agit en aucun cas de condamner qui que ce soit. Il est contre-productif d’évaluer son niveau de conscience au moment de la découverte d’un enseignement spirituel. L’important est de comprendre que lorsque l’on découvre une voie, on se trouve à un certain niveau de conscience, et ce niveau influence notre approche du chemin spirituel. De ce fait, il est difficile d’établir une méthode ou un processus standard que tous devraient suivre. Chacun doit commencer à son propre niveau de conscience ; il n’y a pas d’autre solution. Nombreux sont ceux qui, après avoir découvert un enseignement spirituel, ont besoin d’une période, parfois longue, pour l’intégrer à leur vision du monde existante ou pour en construire une nouvelle. Cette vision du monde repose sur un sentiment de séparation et sur le désir de se donner une image de supériorité, ou de se sentir en sécurité grâce à cet enseignement spirituel.

Nombreux sont ceux qui ressentent le besoin de croire : « Grâce à cet enseignement spirituel, je serai sauvé et j’atteindrai l’illumination. » Cette conviction leur permet de mieux supporter les épreuves de la vie. Ce ne sont là que quelques-uns des besoins fondamentaux qui animent les premiers niveaux du chemin spirituel. Ces besoins sont inhérents à la démarche humaine. Il est impossible d’aborder le chemin spirituel autrement qu’à travers eux, et cette expérience doit se prolonger jusqu’à ce que l’esprit s’ouvre à une vision plus élevée. On peut dire que certains, après avoir trouvé la voie spirituelle, traversent une phase où ils utilisent l’enseignement pour construire ou renforcer une vision du monde qui les maintient dans la séparation. C’est inévitable. Certains d’entre eux parviendront peut-être un jour à dépasser cette phase, tandis que d’autres y resteront toute leur vie.

La clé est de changer soi-même
Quelle est l’étape suivante ? Eh bien, l’étape suivante consiste à prendre conscience de la nécessité de se changer soi-même. Il ne s’agit pas de changer les autres, le monde ou Dieu, ni ce qu’il fera pour vous. Il s’agit de se changer soi-même. Vous commencez à comprendre ce que j’ai décrit dans ces discours : il faut se concentrer sur la transformation de son esprit, de l’intérieur, plutôt que de commencer par modifier les conditions extérieures en espérant que cela suffira à changer son état d’esprit.

Lorsque vous commencez à saisir cela, vous entrez dans une phase où votre tâche principale consiste à vous affranchir de l’attraction magnétique de la conscience collective. Tout est interconnecté ; vous faites partie de la conscience collective de l’humanité, ainsi que de celle de la culture et du groupe dans lesquels vous avez grandi. Dans toutes ces cultures, on observe une certaine conception de ce qui est normal. C’est ce qui est considéré comme normal dans notre culture, et la conscience collective exerce une pression pour s’y conformer. Bien sûr, cette norme repose sur l’illusion de la séparation et sur une conscience dualiste. La plupart des cultures ont le sentiment d’être supérieures aux autres. Il se peut même qu’elles soient en conflit avec elles et qu’elles perçoivent cela comme leur seule voie possible. Bien entendu, pour progresser sur le chemin spirituel, il est nécessaire de s’élever au-dessus de cela.

Vous entrez maintenant dans une phase où la concentration principale est de vous libérer de l’attraction magnétique de la conscience collective. Pour ce faire, comme je l’ai décrit, vous transformez les énergies qui alimentent cette conscience collective. Cela passe par la prise de conscience de vos schémas de réaction, de vos moi séparés, la résolution des illusions et l’abandon des moi. La conscience collective ne peut vous attirer que s’il existe, dans vos quatre corps inférieurs, un point d’ancrage. C’est comparable à la force de gravité, qui ne peut s’exercer que sur un objet doté d’une masse. Sans masse, la gravité est impuissante. Ce faisant, vous devenez de plus en plus indépendants de la conscience collective. Vous vous élevez au-dessus d’elle, de sorte que lorsque les démons de Mara viendront vous tenter, ils seront impuissants à vous ramener aux schémas observés dans votre culture, voire dans l’humanité tout entière. Il ne s’agit pas de se conformer à la norme, mais d’élever sa conscience.

Gravir le sentier en tant qu’individu
Comme je l’ai dit, une fois vos corps émotionnel, mental et identitaire purifiés de ces moi séparés et des énergies inférieures, vous commencez à vous connecter davantage à votre Soi supérieur. C’est à ce moment que vous atteignez un point crucial sur le chemin spirituel, ce qui déconcerte beaucoup de personnes. Il arrive un moment où vous vous êtes largement, voire totalement, libérés de l’influence de la conscience collective. Mais comment y parvenir ? Comment se libérer de la conscience collective ? Eh bien, cela dépend de votre niveau de conscience, et au début de votre cheminement, vous aviez probablement déjà conscience d’être un être individuel séparé. Bien sûr, certaines personnes sont tellement submergées par la conscience collective qu’elles ont très peu d’individualité. Elles se laissent porter par les courants de la conscience collective au lieu de suivre leur propre voie.

Pour emprunter le chemin spirituel, il faut le faire individuellement, car aucune culture au monde ne considère le chemin spirituel comme la norme. On va à contre-courant, et cela n’est possible qu’en tant qu’individu. Que fait-on concrètement lorsqu’on s’élève dans cette phase, en se libérant de l’emprise de la conscience collective ? On construit une nouvelle individualité en tant qu’être spirituel. Mais comment y parvenir ? En créant un ensemble de moi séparés, basés sur la perception de soi comme une personne suivant le chemin spirituel selon son propre enseignement. Je ne suggère en aucun cas que ce soit mal ; il n’y a pas d’autre voie possible. Il faut partir de là où l’on est. La première étape consiste à se libérer de la conscience collective, et cela passe par la construction d’une individualité si forte qu’elle ne puisse être influencée par les schémas collectifs de sa culture. On s’approprie un enseignement spirituel et on l’utilise pour construire un ensemble de moi séparés capables de résister à la pression, ou à l’attraction, de la conscience collective.

Une fois ce stade atteint, vous atteignez ce qui constitue en quelque sorte le tournant le plus crucial du chemin spirituel, car vous êtes alors confronté à un choix essentiel. Ce choix est le suivant : allez-vous continuer à développer ce sentiment d’identité séparée en tant qu’être individuel ? Ou allez-vous commencer à comprendre que, même si cette identité individuelle a eu son utilité, elle ne peut vous mener aux étapes supérieures du chemin spirituel. En réalité, elle ne peut pas vous mener au-delà d’un certain point. J’ai déjà expliqué que le véritable but du chemin spirituel est de dépasser tout sens du soi, tous les moi fondés sur l’illusion de la séparation. Ainsi, ce moi qui vous a permis de vous libérer de la conscience collective repose sur le sentiment de séparation – pas nécessairement la dualité, le fait de se percevoir comme un ennemi des autres – mais vous êtes séparés des autres et de la conscience collective.

Pour progresser sur ce chemin, il faut commencer par reconnaître que ce moi a rempli son rôle, mais qu’il est temps de s’en détacher. Cela peut paraître paradoxal : on construit d’abord un moi, puis on le démantèle. Prenons l’exemple d’une fusée, qui possède trois étages. À sa base, un immense réservoir de carburant et des moteurs permettent de la propulser jusqu’à une certaine altitude où la gravité et la résistance de l’air sont moindres. Une fois le réservoir vide, pour monter plus haut, la fusée doit se séparer de ce réservoir et de ses premiers moteurs, puis activer les suivants pour atteindre un niveau supérieur. Il en va de même pour votre sens du soi. Vous avez un « moi », vous le construisez pour vous affranchir de l’attraction de la conscience collective, mais il vous faut ensuite vous en défaire pour progresser. La différence entre une fusée et vous, c’est que vous ne pouvez pas, et que vous n’êtes pas censés, vous débarrasser de ce moi d’un seul coup. Il faut procéder par étapes, car le moi n’est pas un seul moi, mais un conglomérat de moi séparés, que l’on ne peut démêler qu’un à la fois.

De nombreuses personnes, à travers les âges, n’ont pas saisi ce processus. Certaines l’ont compris, mais beaucoup non, et s’attachent tellement à ce moi, à cette identité qu’elles se sont forgée, qu’elles refusent de s’en détacher. Elles en viennent à croire, comme je l’ai expliqué précédemment à propos de l’ego, que c’est ce moi qui les mènera au paradis ou au nirvana. Elles doivent donc continuer à le développer, à le perfectionner, jusqu’à ce qu’il soit capable d’accéder au paradis, au royaume spirituel, au nirvana, ou quelle que soit la définition qu’on lui donne. C’est une illusion potentiellement dangereuse qui peut maintenir des personnes prisonnières, même pour des vies entières. Je vous ai déjà donné les clés pour comprendre pourquoi c’est une illusion : elle repose sur la séparation, l’illusion de la séparation.

L’orgueil spirituel
Il est également possible pour beaucoup d’observer le mouvement spirituel auquel ils participent ou ont participé et de constater que certains de ses membres, parfois de longue date, ont développé une certaine fierté, un orgueil spirituel lié à leurs accomplissements, à leur compréhension de l’enseignement et au nombre d’heures de pratique. Ils se sentent supérieurs non seulement à ceux qui ne suivent pas l’enseignement, mais même à ceux qui, bien que suivant l’enseignement, sont moins expérimentés. En prenant du recul, on constate clairement que cet orgueil spirituel ne peut provenir que d’un moi séparé, or un moi séparé ne peut mener aux niveaux supérieurs de conscience. Il ne peut pas conduire à l’état de Bouddha, au nirvana ou au paradis ; cela est impossible.

Vous commencez à comprendre qu’à ce niveau, un changement de perspective s’impose. Il vous faut opérer une nouvelle transformation et réaliser que, désormais, vous construisez un moi différent. Un moi qui ne se fonde plus sur une perception de moi séparée de la conscience collective, mais sur une connexion à votre Soi supérieur. En développant ce sentiment d’identité en tant qu’être connecté, vous vous délesterez de certains moi séparés que vous aviez créés en vous élevant au-dessus de la conscience collective. Il s’agit simplement d’une étape supplémentaire du chemin, sans aucun mystère ; simplement, peu de personnes en ont pris conscience.

Ce que vous devez faire ici, c’est commencer à questionner votre approche du chemin spirituel. Comment l’avez-vous envisagé ? Identifiez-vous des éléments issus de la séparation, voire de la dualité ? Vous pouvez alors constater qu’ils vous limitent et vous empêchent d’être libres. En somme, le chemin spirituel peut être perçu comme un processus de libération progressive de l’esprit. Vous pouvez observer que les personnes dominées par la conscience collective ne sont pas libres dans leur esprit. Leur identité est déterminée par l’identité collective. Elles ont souvent tendance à penser d’une certaine manière et peinent à avoir une pensée individuelle indépendante, car leur esprit est dominé par la conscience collective. Elles ne peuvent souvent pas choisir leurs propres sentiments, mais ressentent les schémas de la conscience collective. Si une situation donnée amène les membres de leur groupe à réagir avec colère, alors ces personnes réagiront avec colère et penseront souvent que c’est parfaitement naturel et la seule façon de réagir. Ces personnes ne sont donc pas libres dans leur esprit, elles ne sont pas libres de choisir leurs réactions aux situations, de choisir leurs actions, elles ne sont pas libres de choisir leurs émotions, leurs pensées ou même leur identité.

À mesure que vous développez ce moi qui vous élève au-delà de la conscience collective, vous gagnez en liberté. Cependant, ce moi qui vous en libère devient une limitation pour votre esprit, car vous vous sentez obligés de rester prisonniers de lui. Vous vous sentez contraints de persévérer dans cette approche du chemin spirituel empruntée à un niveau de conscience inférieur, ce qui explique pourquoi votre esprit n’est pas encore totalement libre. Vous êtes certes plus libres qu’au moment où vous étiez submergés par la conscience collective, mais cette liberté est due à la construction d’une individualité forte, une individualité extérieure, mais qui restreint encore la liberté de votre esprit.

Se connecter à son Soi supérieur
L’étape suivante consiste à libérer votre esprit de ce moi, de ce conglomérat de moi, pour vous percevoir comme un être individuel et détaché, élevant votre conscience par rapport à la conscience collective. En construisant cette individualité, vous réagissez à la conscience collective, voire vous vous y opposez fermement en affirmant : « Je ne ressentirai, ne penserai ni ne m’identifierai comme la conscience collective. Je ferai autrement. » Vous restez cependant en relation avec cette conscience collective. C’est comme si vous étiez une planète orbitant autour du soleil de cette conscience collective. Il vous faut maintenant accélérer votre ascension pour que, au lieu de tourner autour d’elle, votre planète prenne une orbite spirale qui vous emmène au-delà de ce point. Pour cela, il faut réaliser que l’étape suivante consiste à vous connecter à votre propre Soi supérieur, qui provient de l’intérieur et non de l’extérieur, plutôt qu’à la conscience collective.

C’est ici que vous empruntez ce chemin intérieur, la phase intérieure du cheminement où vous vous concentrez sur votre propre conscience, où vous résolvez votre propre état de conscience. Cela vous permet de grandir et, en un sens, vous pouvez continuer à travailler sur votre conscience pendant très longtemps et réaliser ainsi de grands progrès. Cependant, arrive un moment où vous devez reconnaître que même si vous avez élevé et purifié votre conscience, l’étape suivante consiste en réalité à créer un nouveau sentiment d’identité fondé sur le fait que vous êtes un être connecté, fondé sur l’expérience de cette connexion.

La première étape consiste à se connecter à son Soi supérieur et à réaliser qu’au-delà de la personnalité et de l’individualité extérieures liées à ce monde, ce Soi supérieur possède une individualité propre. On ne peut pas vraiment parler de personnalité au sens où la plupart des gens l’entendent, mais ce Soi supérieur possède des caractéristiques individuelles auxquelles il est possible de se connecter. Ainsi, vous pouvez commencer à intégrer cette individualité à votre conscience et l’exprimer à travers vos corps identitaire, mental et émotionnel. Vous entrez alors dans une phase où vous vous connectez à votre Soi supérieur plutôt qu’à la conscience collective ou aux autres, et vous exprimez une part de cette individualité propre à ce Soi supérieur.

Entrer dans la conscience d’unité
La phase suivante consiste à reconnaître que votre Soi supérieur ne réside pas dans le monde matériel. Il ne se situe même pas dans les quatre niveaux : physique, émotionnel, mental et identitaire. Votre Soi supérieur transcende le monde de forme tel que vous le connaissez ici-bas. Il conserve une forme, certes, mais il se trouve dans ce que beaucoup appellent le royaume spirituel. Au-delà de ce monde de la forme, tout est un, tout est unité, et votre Soi supérieur perçoit cette unité ; sans cela, il ne pourrait exister dans le royaume supérieur. On ne peut accéder au royaume supérieur sans percevoir l’unité.

La prochaine étape consiste à intégrer cette unité propre à votre Soi supérieur à votre conscience. Vous commencez dès maintenant à construire votre sentiment d’identité, non pas en vous sentant séparés de la conscience collective, ni en restant un être individuel en relation avec votre Soi supérieur. Vous bâtissez une identité fondée sur la perception de vous-même comme une personne connectée à votre Soi supérieur, mais aussi aux autres et à votre environnement physique. Autrement dit, vous commencez à dépasser le sentiment de séparation. Il ne s’agit pas nécessairement de la dualité, mais plutôt de l’impression d’être séparé des autres, de votre environnement, etc.

Voilà la bonne approche. Voilà le sens profond, le sens supérieur, de la concentration. Il ne s’agit pas de se concentrer sur la conscience collective, ni sur soi-même en tant qu’individu, mais sur le tout, sur la connexion, sur l’unité. Cela signifie que vous commencez à envisager la vie différemment. Au lieu de vous demander : « Comment puis-je m’élever en tant qu’individu ? », vous vous demandez : « Comment puis-je élever le tout, comment puis-je élever les autres ? Comment puis-je aider les personnes qui m’entourent à s’élever ? Comment puis-je contribuer à l’amélioration de certains aspects de la vie ? Comment puis-je contribuer au progrès de l’humanité et du monde dans lequel je vis ? »

Se concentrer sur l’élévation de l’ensemble
L’histoire écrite de la Terre a connu des progrès considérables. On peut constater les avancées technologiques des deux derniers siècles. Cependant, ces progrès ne se sont pas accompagnés d’une évolution correspondante de la conscience humaine. Des progrès ont certes été réalisés, mais ils restent insuffisants pour permettre un usage équilibré de la technologie. En témoignent la pollution, les changements climatiques et autres conséquences néfastes qu’elle engendre. On le constate également à travers la puissance croissante des armes, capables de tuer toujours plus de personnes. Si des progrès ont été accomplis, il est nécessaire d’aller plus loin, notamment en accélérant l’éveil de la conscience humaine, en élevant la conscience collective. Comment y parvenir ? Comment élever la conscience collective ? Cela ne peut se faire que par l’élévation de la conscience individuelle de chaque individu, entraînant ainsi l’ensemble de la société dans son élan.

Même lorsque vous cherchez à vous élever au-dessus de l’influence de la conscience collective, vous n’en êtes évidemment pas totalement séparés. La conscience collective exerce une attraction sur vous, mais vous lui résistez. En élevant votre niveau de conscience, vous contribuez à l’élévation de la conscience collective. Tant que vous vous concentrez sur votre propre élévation individuelle, cette contribution reste modérée. Dès que vous vous percevez comme un être interconnecté, votre influence sur la conscience collective s’intensifie considérablement. Votre impact est alors bien plus grand. En élevant la conscience collective, vous rendez un service bien plus précieux à toute vie. Certains parlent de maintenir un équilibre spirituel pour la planète ou la société, permettant ainsi d’exercer une influence sur le collectif jusqu’à ce que chacun prenne conscience de la nécessité de certains changements.

Comment la démocratie est-elle née ? Un certain nombre d’individus, une masse critique, ont opéré une transformation de leur conscience, découvrant les idées et les idéaux qui fondent la démocratie. Ils les ont acceptés et, à mesure que leur conscience s’élevait, ils ont influencé la collectivité, jusqu’à ce que ce mouvement se propage comme des cercles concentriques. De plus en plus de personnes ont alors perçu comme une évidence ces vérités fondamentales. Les êtres humains possèdent des droits, et aucune puissance au monde ne devrait les leur retirer, car ils émanent d’une conscience supérieure. C’est ainsi que la démocratie est née, c’est ainsi que tout progrès s’est produit : par cette élévation de la conscience collective, lorsqu’une masse critique de personnes change soudainement de perspective et perçoit ce qu’elle ne pouvait voir auparavant. Au lieu de débattre pour ou contre, ils constatent simplement : « C’est évident. C’est une évidence. C’est la voie que doit suivre la société. »

C’est un immense potentiel qui s’offre à vous lorsque vous atteignez ce niveau supérieur du chemin. Il s’agit de changer votre perspective. Au lieu de vous concentrer sur votre propre développement personnel, vous vous concentrez sur l’élévation du Tout. C’est la seule façon de dépasser un certain point. Vous ne pouvez atteindre l’état de Bouddha si vous vous percevez comme un individu séparé et que vous ne vous souciez que de vous-mêmes, sans vous préoccuper du Tout. L’état de Bouddha consiste à se concentrer sur le Tout, à être pleinement présent dans l’ensemble, plutôt que sur une partie seulement. Bien sûr, vous faites partie intégrante du Tout, et c’est pourquoi vous pouvez contribuer à son élévation.

Vous voyez ici qu’il existe une différence essentielle entre faire partie de la conscience collective et rester partie intégrante du Tout. Autrement dit, si vous êtes submergés par la conscience collective, vous n’exercez aucune influence sur elle. Vous restez neutres, ou au contraire, vous contribuez à son abaissement. Ce n’est qu’en élevant votre conscience individuelle au-dessus du niveau de la conscience collective que vous pouvez exercer une influence sur elle. Plus vous vous élevez dans les niveaux de conscience, plus vous vous concentrez sur le tout plutôt que sur votre individualité, plus vous exercez une influence sur la conscience collective et, bien sûr, moins vous êtes influencés par elle. Vous vous détachez de la conscience collective. En un sens, vous devenez transparents à son égard.

Devenir transparent
On pourrait dire que les démons de Mara tentent de vous ramener à la conscience collective. Ils y parviennent si vous entretenez certaines croyances, si vous possédez un moi séparé qui se sent obligé de réagir d’une certaine manière aux tentations de ces démons. Jésus l’a exprimé différemment : « Le prince de ce monde vient et n’a aucune emprise sur moi. » Autrement dit, une force, une conscience particulière, cherche à vous entraîner vers ces vieux schémas qui vous empêchent de progresser sur le chemin spirituel et d’élever votre conscience. Vous devez apprendre à la reconnaître. Vous avez transcendé vos moi séparés. Vous les avez laissés mourir. Désormais, vous êtes transparents.

Cette force peut diriger quelque chose vers vous – une pensée, une énergie émotionnelle, une impulsion au niveau identitaire – mais lorsqu’elle pénètre votre esprit, elle ne trouve rien à y toucher, à perturber ni à renforcer. Elle vous traverse sans vous affecter, car vous êtes détachés, vous êtes libres. Jésus l’a exprimé ainsi : « Que t’importe cela ? Suis-moi. » Autrement dit, suivez le maître, suivez la conscience supérieure et abandonnez toutes ces tentations qui vous entraînent dans ces schémas réactionnaires.

Comment contribue-t-on à l’élévation de l’ensemble ? En montrant aux gens qu’il existe une autre façon de réagir que celle qui domine la conscience collective de leur culture. Si certains membres de votre famille ont tendance à réagir avec colère dans certaines situations, et que vous leur montrez que vous ne réagissez pas de la même manière, certains comprendront. Certains se demanderont : « Pourquoi ne réagit-il pas comme nous, ou comme il ou elle réagissait avant ? Que s’est-il passé ? Qu’est-ce qui a changé ? » Certains comprendront. Peut-être pas vos proches, mais certains comprendront.

Aucun effet isolé et aucune cause isolée
Vous pouvez maintenant vous concentrer sur l’élévation de l’ensemble, mais pour ce faire, un autre changement s’impose. Du moins, pour un impact maximal, il est nécessaire d’opérer un autre changement. Il vous faut méditer sur l’enseignement ancien concernant les origines interdépendantes. J’en ai déjà parlé, en soulignant que la science moderne a tendance à vouloir isoler un phénomène spécifique et à affirmer : « Il s’agit d’un effet isolé, et il doit avoir une cause isolée. » Or, en réalité, il n’existe ni effets isolés ni causes isolées. Tout est un tout interdépendant. C’est, comme je l’ai également mentionné, le fondement de la théorie du chaos, selon laquelle une petite modification dans un domaine peut entraîner une modification bien plus importante dans un autre.

Ce qu’il faut considérer, c’est que l’on commence à se concentrer sur l’élévation de l’ensemble et qu’aux premiers stades de ce processus, on a tendance à regarder le monde et à dire : « Voici un problème qu’il faut changer. » Par exemple : nous devons vaincre la guerre et instaurer la paix dans le monde. On a tendance à dire : « Voici un phénomène distinct, la guerre. Comment pouvons-nous le vaincre ? Eh bien, nous devons en identifier la cause, puis l’éliminer. » C’est la méthode courante de résolution de problèmes dans les sociétés modernes, fondée sur la pensée analytique linéaire, la pensée rationnelle.

Il ne s’agit pas d’acquérir une compréhension plus profonde de la guerre et de ses causes. Il faut cependant reconnaître que ces causes sont indissociables. Pourquoi ? Parce que la guerre est causée par les êtres humains. On peut invoquer des prétextes extérieur : « Les gens se battent pour le pétrole, pour l’argent, pour la territoire. » Mais la véritable cause de la guerre réside dans la psychologie humaine. Elle est alimentée par l’illusion que nous sommes des êtres séparés, que nous avons le droit de nous définir par une cause épique à laquelle s’opposent d’autres peuples, et que, par conséquent, il est justifié de tuer ces autres peuples. Cette illusion de séparation est la cause psychologique de la guerre. On pourrait se demander : « Comment pouvons-nous changer cela ? Que pouvons-nous faire ? Nous ne pouvons pas lire dans les pensées de chacun et les changer. » Ce que je veux dire, c’est qu’on ne peut pas éradiquer la guerre en isolant une cause particulière et en essayant de la modifier. La guerre ne peut être éradiquée que lorsque la conscience collective atteint un niveau tel qu’une masse critique de personnes se mobilise et déclare : « Il est évident que la guerre est inacceptable. »

Ce que j’explique ici, c’est que lorsqu’on commence à se concentrer sur la manière d’élever le tout, on a tendance à rechercher un phénomène isolé sur lequel on sent qu’il faut agir et qu’on aimerait voir changé. Ensuite, on cherche à isoler la cause et à agir sur elle pour avoir le sentiment d’avoir accompli quelque chose. De très nombreuses personnes spirituelles, à travers les âges, ont procédé ainsi. Elles ont isolé un certain phénomène dans le monde et ont tenté de le modifier. Beaucoup ont bien sûr voulu vaincre la guerre, mais comme vous pouvez le constater, elles n’y sont pas encore parvenues. Après un certain temps, beaucoup ont été déçus, découragés et ont dit : « Eh bien, un enseignement spirituel ne fonctionne pas. Ce que j’ai fait ne fonctionne manifestement pas. » C’est parce qu’on se concentre sur des phénomènes et des causes isolés.

Le changement que vous pouvez opérer, c’est de ne pas chercher à créer de transformations extérieures spécifiques. Votre attention se porte plutôt sur l’éveil des consciences, tant au niveau individuel que collectif. Vous travaillez à développer la conscience collective et individuelle au lieu de vous concentrer sur des changements physiques précis. Pourquoi est-ce important ? Parce que, comme je l’ai expliqué, ce qui se passe au niveau physique du monde est la conséquence de ce qui se passe aux niveaux émotionnel, mental et identitaire. Vous pouvez certes apporter certains changements physiques. Vous pouvez prendre une pelle et creuser, et si vous continuez à creuser suffisamment longtemps, vous pouvez déplacer une montagne. Mais ces phénomènes majeurs, comme la guerre, ne peuvent être surmontés par de simples changements physiques. La seule option serait de créer une armée si puissante qu’elle pourrait vaincre n’importe quelle autre, ce qui pourrait instaurer une paix temporaire, mais cela éliminerait-il la guerre, ou même le risque de guerre, de la planète ? En réalité, tant qu’il y aura des armées et des armes, la guerre ne sera pas vaincue.

Au lieu de vous concentrer sur ces changements physiques précis, vous pouvez vous attacher à agir sur les plans émotionnel, mental et identitaire. Pour ce faire, élevez votre conscience, montrez aux autres que vous pouvez réagir différemment, et diffusez un enseignement au moment opportun, lorsque les personnes sont réceptives. Ainsi, vous n’allez pas vous fixer un objectif inatteignable. Vous évitez ainsi la déception et le découragement, armes redoutables du mal. Vous accédez à un état d’esprit où vous avez transcendé le doute, la frustration et l’espoir de voir des changements visibles.

Vous avez transcendé tout risque d’échec et vous êtes sur une voie dont vous savez qu’elle fonctionne, car vous savez que la prise de conscience est efficace. Vous savez que vous œuvrez à l’élévation de la conscience collective et que cela aura un impact. Continuez ainsi, en développant votre propre conscience et en cherchant à élever celle des autres. C’est ainsi que vous pouvez sentir que vous contribuez sans courir le risque d’échec ou de déception, car vous n’exigez pas de changements spécifiques. Pourquoi ne pas œuvrer pour des changements spécifiques ? Eh bien, dans certains cas, c’est nécessaire, car cela fait partie de votre plan de vie de créer un changement précis dans un domaine spécifique en recevant une inspiration d’un niveau de conscience supérieur. Je parle ici du désir global de créer ces grands changements, comme surmonter la guerre, chose qu’il est impossible de faire seul, car tout est interconnecté. La guerre est l’expression de la conscience collective et le seul moyen de surmonter les conséquences matérielles est d’élever la conscience collective.

Pour ne pas vous fixer un objectif impossible, concentrez-vous sur l’élévation de la conscience collective, car vous savez que c’est possible. Vous pouvez agir, et lorsque d’autres personnes feront de même, ce n’est qu’une question de temps avant qu’une dynamique se crée, attirant l’attention sur la conscience collective et provoquant un changement. Une masse critique de personnes a instauré la démocratie et de nombreux autres changements positifs. Aujourd’hui, nombreuses sont les personnes sur Terre, qu’elles soient engagées dans un mouvement spirituel, enseignantes ou non, qui œuvrent à l’élévation de la conscience collective et préparent ainsi le terrain pour ces transformations qui engendreront des changements concrets, vous permettant ainsi de constater le changement.

Mettre l’accent sur la connexion plutôt que sur la séparation
Sur le Noble sentier octuple, le chemin spirituel, vous traversez différentes phases. À chaque étape, vous vous concentrez sur certains objectifs, certains aspects, une méthode particulière. Vous progressez à travers ces étapes de plus en plus élevées, vous éloignant progressivement d’une mentalité centrée sur les individualités, les individualités dualistes, pour vous tourner de plus en plus vers la connexion plutôt que vers la séparation. On peut dire que les démons de Mara, le prince de ce monde, cherchent constamment à tenter les êtres humains. Les tentations peuvent être nombreuses et individuelles, mais la tentation sous-jacente et globale vise à vous entraîner dans un état d’esprit où vous percevez la vie, le monde, à travers le filtre de la séparation. Vous vous voyez comme un être séparé, vous voyez les autres comme des êtres séparés.

Ce qui se produit dans ce processus, c’est que lorsque vous vous concentrez sur cette illusion de séparation, lorsque votre esprit est focalisé sur cette illusion, vous ne pouvez pas voir que derrière toutes les formes distinctes se cache la nature de Bouddha. Vous ne pouvez pas voir que même les formes apparemment séparées sont connectées à un niveau plus profond. Vous ne pouvez pas voir que derrière les phénomènes et les causes apparemment séparés se cachent les origines interdépendantes. Le véritable but des démons de Mara est de vous maintenir dans l’illusion de la séparation, où vous pensez, par exemple : « Cette personne m’a fait quelque chose qu’elle n’aurait pas dû faire. Donc, c’est une personne séparée, sinon elle ne m’aurait pas fait cela. Cet autre groupe de personnes a fait quelque chose à mon pays qu’il n’aurait pas dû faire, donc ils sont séparés et je peux donc les tuer sans m’affecter moi-même, car ils ont fait ce qu’ils ont fait. Le monde s’oppose réellement à moi, car c’est un monde séparé et je suis séparé de lui. »

Il existe une multitude de ces illusions, des millions sous diverses formes, mais toutes visent à obscurcir l’unité et la connexion fondamentales et à focaliser l’attention sur cette illusion de séparation. Or, même un enseignement spirituel peut servir ce dessein. On observe d’ailleurs, dans la plupart des religions et des enseignements spirituels, une tendance à établir une distinction très nette entre ceux qui suivent l’enseignement et ceux qui n’y participent pas.

Ils peuvent percevoir ceux qui sont en dehors de leur enseignement de deux manières différentes. Il y a ceux qu’ils estiment potentiellement convertibles et ceux qu’ils considèrent comme des opposants, et donc des ennemis. Nombre de religieux perçoivent les athées ou les matérialistes comme des ennemis, et inversement, de nombreux matérialistes perçoivent les religieux comme des ennemis. On peut instrumentaliser un enseignement spirituel pour renforcer le sentiment de séparation, car, adhérant à cet enseignement, on se trouve séparé de ceux qui n’y adhèrent pas. Ce faisant, on s’enferme davantage dans l’illusion de la séparation, ce qui, bien sûr, n’apporte aucun progrès sur le chemin spirituel. Or, ce chemin consiste précisément à dépasser la séparation, comme je l’ai sans doute répété à maintes reprises. J’insiste sur ce point car il est parmi les plus difficiles à saisir, et nombreux sont ceux qui, malgré des décennies de pratique spirituelle, ne l’ont pas compris.

Il existe des bouddhistes qui ont consacré leur vie aux enseignements bouddhistes sans pour autant les avoir pleinement compris. Ils se distinguent de ceux qui n’appartiennent pas à leur école et s’imaginent que leur capacité à comprendre et à débattre de ces enseignements intellectuels très avancés, leurs nombreuses heures de pratique spirituelle, leur vie monastique et leur dévouement à la croissance spirituelle prouvent qu’ils ont atteint un certain niveau de développement. Ils pensent avoir atteint un niveau supérieur, ce qui les différencie de ceux qui n’ont pas appliqué les enseignements comme ils le croient. Ils n’ont pas compris que le véritable but de l’élévation de conscience individuelle est de contribuer au bien commun, et que le but véritable d’un enseignement spirituel est de donner les moyens d’élever le bien commun, plutôt que de s’élever soi-même en tant qu’individu ou groupe isolé.

Il arrive un moment où il faut réaliser qu’on a trouvé un enseignement spirituel, qu’on l’a appliqué et utilisé pour s’élever à un certain niveau. Pour aller plus loin, il faut éviter l’impasse dans laquelle tant de personnes se sont engouffrées : celle de croire que le moyen de changer le monde est de convertir tout le monde à leur enseignement spirituel, car une fois tout le monde converti, le paradis sera atteint sur Terre. En réalité, seul compte l’élévation de la conscience. Vous avez utilisé un enseignement spirituel particulier pour élever la vôtre, mais cela ne signifie pas que tout le monde puisse ou doive faire de même. Chacun peut avoir besoin d’autres enseignements ou d’idées universelles, non sectaires et non exclusives, mais inclusives.

En réalité, ce qui doit se produire à l’aube de cette ère de conscience supérieure, c’est que de plus en plus de personnes spirituelles transcendent la mentalité sectaire qui consiste à convertir autrui à leur philosophie spirituelle particulière ou à les amener à suivre leur gourou. Elles doivent plutôt s’imprégner du fait que, depuis un niveau de conscience supérieur, au-delà du monde matériel, se libère un ensemble d’idées universelles. Ce sont ces idées universelles qui auront l’impact le plus important sur l’élévation de la conscience collective. Ces idées universelles peuvent être exprimées à travers un enseignement spirituel particulier ou par un gourou particulier, mais ce n’est pas une obligation.

À titre d’exemple, prenons le fait que dans de nombreux pays occidentaux, des personnes pratiquent le yoga. Or, le yoga trouve ses origines il y a très longtemps dans une culture bien spécifique. Bien qu’universel à l’origine, le yoga est aujourd’hui associé à l’hindouisme. Autrefois, pour pratiquer le yoga, il fallait être hindou ou mener une vie ascétique, se retirer du monde, vivre dans un monastère ou une grotte, se nourrir très peu, s’abstenir de toute activité sexuelle et familiale, et consacrer l’essentiel de son temps à cette pratique spirituelle rigoureuse, à l’instar des ascètes rencontrés par le Bouddha lors de son départ du palais.

Le bouddhisme n’a pas été créé comme une religion
En d’autres termes, le yoga était à l’origine une pratique spirituelle et une philosophie beaucoup plus extrêmes, incompatibles avec un mode de vie moderne et actif, avec une famille et un travail. Pourtant, on observe de nombreuses personnes en Occident qui pratiquent le yoga tout en menant une vie active. Cela s’explique par l’universalisation du yoga. Il s’est recentré sur une pratique particulière et s’est dissocié d’une religion sectaire et exclusive. Certains d’entre vous connaissent sans doute le phénomène de la pleine conscience, et il existe assurément un lien entre les enseignements bouddhistes et la pleine conscience. Il n’est pas nécessaire de se convertir au bouddhisme pour pratiquer la pleine conscience. Pourquoi ? Parce que le bouddhisme n’était pas à l’origine une religion, mais un ensemble d’idées et de pratiques universelles.

Jésus n’a pas prêché ni fondé une religion sectaire et exclusive prétendant être le seul chemin du salut. Il a enseigné un ensemble d’idées et de pratiques universelles, et c’est précisément pourquoi il a été perçu comme une menace par les autorités religieuses juives. En présentant des idées universelles, il menaçait leur religion sectaire et exclusive. Quoi de plus universel que l’éveil des consciences et le dépassement de l’illusion de la séparation et de la dualité à l’origine de tous les conflits humains ? Il arrive donc un moment où il faut recentrer son attention, cesser de croire qu’il n’existe qu’une seule solution aux problèmes du monde, à savoir convertir tous les êtres humains à sa propre pratique spirituelle et à sa propre philosophie. Il faut plutôt se concentrer sur un ensemble d’idées et d’expressions universelles, capables d’aider des personnes de tous horizons et de tous milieux sociaux, sans exiger leur conversion à une religion ou un mouvement extérieur.

En d’autres termes, que cherche constamment à faire l’esprit séparé ? J’ai dit qu’il cherche à se créer un sentiment de sécurité et, pour ce faire, il construit une vision du monde et évalue chaque idée selon la question : « Menace-t-elle ma vision du monde ou la confirme-t-elle ? » Or, c’est de la discrimination, du sectarisme, de l’exclusivisme. Ce qui confirme ma vision du monde est considéré comme juste, ce qui la remet en question est considéré comme faux, mauvais, pervers. Pourtant, cela ne correspond pas à la nature du Bouddha. Cela maintient les individus prisonniers de la séparation.

La nature de Bouddha est unité, connexion. C’est donc vers cela que vous tendez : aider les gens à voir au-delà de la séparation, de la dualité, de l’exclusivisme et du fanatisme, et à comprendre que derrière toutes ces divisions se cachent des idées et des valeurs universelles qui les unissent. Au-delà des idées qui séparent et divisent, il existe un ensemble d’idées universelles qui connectent et unifient les êtres humains. C’est ce qui aura le plus grand impact sur l’élévation de la conscience collective à notre époque, dans ce cycle particulier de déploiement de la conscience collective. Ceux qui parviennent à se concentrer sur cet objectif auront le plus grand impact. Quant à ceux qui s’accrochent à des croyances sectaires et au désir de convertir autrui à une religion ou un gourou extérieur, ils auront beau se croire très spirituels, se sentir supérieurs, plus avancés, ils n’auront pas l’impact maximal sur l’élévation de la conscience collective.

Quel est le but du Bouddha ? Libérer tous les êtres de l’illusion. Quelle est l’illusion fondamentale ? C’est le sentiment que la nature de Bouddha n’est pas là où je suis, que je suis séparé de la nature de Bouddha. Le but du Bouddha est d’aider tous les êtres conscients à percevoir la nature de Bouddha en eux-mêmes et chez les autres.

« Bouddha » était à l’origine un mot neutre
Lorsque j’ai initialement dispensé ces enseignements, le terme « Bouddha » n’avait aucune connotation sectaire. Il n’était associé à aucune religion particulière ; il était neutre, universel. Aujourd’hui, le bouddhisme est perçu comme une religion et est devenu sectaire, si bien que le mot « Bouddha » a acquis une signification différente de celle qu’il avait à l’origine. Nous pourrions trouver une expression différente, plus universelle et neutre, pour le monde actuel : « conscience supérieure ». Il existe une conscience supérieure, un niveau de conscience plus élevé, qui peut connecter les êtres humains, les unifier et les aider à s’affranchir de la conscience inférieure qui les oppose et engendre d’innombrables conflits.

Qu’est-ce qui crée les tensions, Qu’est-ce qui engendre la souffrance dans le monde ? C’est un niveau de conscience inférieur qui empêche de percevoir l’élément unificateur et, par conséquent, conduit à se percevoir comme des êtres séparés. Quel est le but ? Élever les consciences afin que chacun atteigne une perspective plus élevée, un état de conscience supérieur où l’unité se révèle au-delà de la multitude des expressions diverses. On comprend alors que, malgré les différences apparentes, un lien unit tous les êtres. Or, cette perception n’est possible qu’en se connectant à une dimension supérieure, à un niveau de conscience intérieur plus élevé. C’est seulement ainsi que l’on peut percevoir ce niveau de conscience supérieur chez autrui. Ces idées sont universelles et ne sont propres ni au bouddhisme, ni à aucune autre religion ou philosophie spirituelle. C’est sur cela qu’il faut concentrer son esprit : l’universalité, la neutralité, l’interconnexion, l’unité qui sous-tend la diversité.

Je suis reconnaissant de cette opportunité de partager ces enseignements. Certains d’entre vous, disciples des maîtres ascensionnés depuis un certain temps, pourraient se demander : « Mais n’avons-nous pas déjà entendu cela ? Les différents maîtres ne l’ont-ils pas déjà expliqué ? » La raison est simple : je saisis cette occasion pour présenter ces enseignements car mon objectif est depuis longtemps de publier un ouvrage offrant une vision du bouddhisme adaptée au monde moderne et sa mentalité. Voici le début de ce livre. D’autres dictées que j’ai données au fil des ans y seront incluses, sans pour autant être présentées comme des dictées du Maître ascensionné Gautama Bouddha. Elles seront simplement légèrement remaniées pour une expression plus universelle, et le livre sera publié, dans l’espoir que certains le comprendront.

Je vous remercie de m’avoir donné l’occasion de partager ces enseignements et je peux vous assurer que cette conférence a eu un impact majeur sur l’élévation de la conscience collective. Elle a également eu, même si nous ne l’avons pas abordé, un impact considérable sur la situation en Ukraine, sur la situation économique et sur la situation en Russie. Le fait que tant de nos étudiants russes et ukrainiens aient souhaité se connecter et participer à ce processus d’élévation est très significatif. Certes, on ne peut pas s’attendre à des résultats précis se manifestant à un moment précis, mais vous pouvez être assurés que vous avez contribué à l’élévation de la conscience collective en Ukraine et en Russie, et bien sûr dans le reste du monde d’où vous vous êtes connectés. Par conséquent, vous avez fait progresser la planète, même si vous ne pouvez pas affirmer : « Voilà le résultat précis que nous avons obtenu lors de cette conférence. »

Je suis convaincu que beaucoup d’entre vous commencent à comprendre qu’il est nécessaire d’arriver à un stade où l’on n’attend plus un résultat précis d’une conférence ou d’une veillée particulière. Vous ne vous exposez pas à la déception ni au découragement. Vous vous engagez dans un processus continu d’élévation de la conscience collective et vous vous réjouissez de savoir que vous y contribuez. Vous élevez ainsi l’ensemble des origines interdépendantes, ce qui aura des effets positifs et favorisera l’avènement de l’Âge d’or de Saint-Germain.

Je ne conclus pas cette conférence car Padmasambhava prendra également la parole, mais je vous remercie de m’offrir cette opportunité de partager ces nouveaux enseignements, des enseignements modernes sur la philosophie bouddhique. Pour cela, je vous exprime ma plus profonde gratitude et je vous scelle, pour l’instant, dans la joie du Bouddha. Cette joie qui ne peut naître que de l’expérience de l’unité. Comment pourrait-il y avoir autre chose que de la joie dans l’unité ? Seule la séparation engendre la frustration. Soyez donc scellés, mes bien-aimés !

Copyright 2023 Kim Michaels
© Noël Wan pour la traduction française, 20/05/2026

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