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L’effort supérieur consiste à ne plus faire d’effort

Message dicté par Gautama Bouddha à travers Kim Michaels, le 8 janvier 2023 lors du webinaire du nouvel an 2023 « Être une personne spirituelle dans un monde chaotique ». (7/9)

JE SUIS le Maître ascensionné Gautama Bouddha. Le sujet suivant est celui de l’effort. Traditionnellement, on distingue l’effort juste et l’effort mauvais. On s’efforce alors d’éviter les mauvais efforts et de cultiver les efforts justes. Pour beaucoup, cela devient un carcan ou une sorte de prison mentale. La peur de faire un mauvais effort et d’accumuler du karma les paralyse, les empêchant d’agir. Ils finissent par se résigner à une activité physique minimale pour se consacrer à la méditation ou à d’autres pratiques spirituelles. Cette attitude devient obsessionnelle : ils se croient très spirituels, mais en réalité, ils n’avancent pas sur le chemin spirituel. Ils ne progressent pas. Ils stagnent, devenant de plus en plus agités et frénétiques dans leur quête de « l’effort juste », tel qu’ils le conçoivent.

Bien sûr, compte tenu de ce que je vous ai expliqué précédemment, il est désormais assez facile de concevoir une autre manière d’évaluer vos efforts. Je me suis efforcé d’expliquer le but du Noble sentier octuple, le but de la Voie du milieu. Il s’agit d’éveiller la conscience. Et comment y parvenir ? D’une seule manière : en résolvant les problèmes psychologiques. Cela paraîtra nouveau et surprenant à beaucoup, même à de nombreuses personnes issues de la tradition bouddhiste. Elles se sont enfermées dans un état d’esprit où elles pensent que le véritable effort consiste en certaines pratiques spirituelles. Ces pratiques spirituelles possèdent une sorte de pouvoir quasi magique de transformer leur conscience et de les rapprocher de l’éveil, du nirvana, ou de toute autre définition qu’elles en donnent.

Surmonter les illusions n’est pas une tâche mécanique
J’ai dit qu’il existe des pratiques spirituelles valables qui peuvent avoir un effet, mais comment ? Elles agissent en transformant les énergies liées à la peur qui s’accumulent dans vos corps émotionnel, mental et identitaire, et même, dans une certaine mesure, dans vos cellules physiques. Une technique spirituelle peut transformer l’énergie, mais aucune pratique spirituelle, quelle qu’elle soit, quelle que soit son origine, qui que ce soit qui l’ait définie ou transmise, ne peut transformer votre état d’esprit, vos croyances, vos illusions.

Une illusion est une illusion. Elle n’est pas réelle, mais tant que vous la considérez comme la vérité, ou tant que vous n’avez pas pris conscience de son existence, vous restez prisonnier de cette illusion et de sa perception du monde. Comment en êtes-vous venus à l’accepter ? Un démon l’a-t-il implantée dans votre esprit ? Il se peut qu’un être inférieur, doté d’une conscience moindre, ait projeté une illusion sur votre esprit. En réalité, la conscience collective projette actuellement de nombreuses illusions. Mais vous êtes un être individuel. Vous n’êtes pas un être séparé, mais un être individuel, ce qui signifie que vous avez le pouvoir de contrôler ce qui entre dans votre esprit, ce qui en sort et ce qui s’y passe. Vous avez peut-être oublié qu’au cours d’une vie antérieure, vous avez laissé une illusion s’installer en vous, mais que vous vous en souveniez ou non, il y a eu un moment où vous avez décidé d’accepter une illusion comme vérité.

Maintenant que vous êtes entrés dans la conscience de séparation, vous avez laissé entrer une multitude d’illusions dans votre esprit. C’est ce qui forme le voile de maya, vous empêchant de voir que vous êtes une expression de la nature de Bouddha et que toute chose l’est également, quelle que soit sa forme extérieure. Aucune pratique spirituelle ne peut transformer votre état d’esprit, changer vos croyances ni vous libérer automatiquement des illusions. Vous ne pouvez vous en libérer qu’en prenant conscience de leur nature d’illusions et en les laissant partir, car vous les reconnaissez comme telles.

C’était le cas il y a 2 500 ans, cela l’est encore aujourd’hui et cela le sera toujours. La croissance spirituelle vers une conscience supérieure est un processus conscient qui consiste à prendre conscience des illusions. Une pratique spirituelle peut transformer les énergies stockées, par exemple, dans votre esprit émotionnel, qui rendent plus difficile pour votre esprit conscient de percevoir les illusions. Ce n’est pas qu’une pratique spirituelle soit inutile, mais le résultat n’est pas automatique car elle ne prendra pas les décisions à votre place. Vous, votre Soi conscient, qui est au cœur de votre être, devez prendre des décisions. Et comment ? En prenant conscience de ce dont vous n’avez pas conscience actuellement. En ramenant les illusions à votre conscience, en les faisant remonter du subconscient, afin de pouvoir les voir, les examiner et, une fois que vous comprenez qu’il s’agit d’illusions, vous les abandonnez, vous les rejetez.

La création des moi subconscients
Nous avons souvent enseigné qu’une illusion n’est pas qu’une simple illusion. Il ne s’agit pas seulement d’une connaissance erronée, ni de la simple croyance de tenir une corde alors qu’il s’agit en réalité d’un serpent. Tout ce qui se passe dans votre esprit comporte trois éléments : l’énergie, une connaissance ou une croyance, et la conscience. Lorsque vous observez consciemment une illusion et que vous décidez consciemment de l’accepter, que se passe-t-il alors ? Eh bien, tout d’abord, votre Soi conscient commence à percevoir le monde à travers cette illusion.

C’est comparable à une maison qui représente vos corps identitaire, mental et émotionnel. Cette maison possède des fenêtres, mais lorsque vous acceptez une illusion, vous placez un morceau de verre coloré devant l’une d’elles, du moins partiellement. Votre vision extérieure est alors colorée par ce verre, créant une image déformée. Vous percevez ainsi le monde différemment, et lorsque l’énergie de votre Soi supérieur traverse votre conscience et ce filtre, vous la modulez par une vibration basée sur la peur. Une illusion vous amène à avoir une vision de la vie empreinte de peur. Lorsque vous comprenez que toute chose est la nature de Bouddha, la peur n’a plus lieu d’être. Après avoir accepté une croyance erronée, vous commencez à déformer, à abaisser la vibration de l’énergie, par cette croyance. Une partie de cette énergie est projetée vers l’extérieur, une autre s’accumule dans vos corps identitaire, mental et émotionnel.

À mesure que l’énergie s’accumule, elle exerce une attraction sur votre conscience, vous rendant plus vulnérable, par exemple, à la colère. En percevant le monde à travers le filtre de l’illusion, vous imprégnez cette illusion de votre conscience. Car tout ce sur quoi vous concentrez votre attention est traversé par votre conscience. Vous avez alors trois éléments : une croyance irréaliste et illusoire, une accumulation d’énergie qui crée progressivement une attraction magnétique, et enfin l’imprégnation d’une conscience. Cela signifie que vous créez ce que j’appelle les samskaras, les schémas, que l’on pourrait, avec une expression plus moderne, appeler un « moi ». Vous créez un moi séparé au sein de vos corps identitaire, mental et émotionnel, et l’importance de ceci réside dans le fait que ce moi possédera un certain niveau de conscience. Il n’aura pas la conscience de soi du Soi conscient ; le moi ne s’est donc pas créé lui-même. Le Soi conscient peut créer un moi, mais le moi ne peut pas se créer lui-même.

Cela signifie que le moi ne peut pas non plus se changer lui-même. Il peut croître en ce sens qu’il devient plus intense, qu’il exerce une attraction magnétique croissante sur votre conscience, mais il ne peut pas se transformer. Si vous créez un moi fondé sur l’illusion que la colère est une réaction acceptable face à certaines situations, le moi ne peut pas se dire : « Mais attendez, la colère est contraire à l’enseignement spirituel, alors je vais me laisser mourir. » Le moi en sera toujours incapable. Le moi possède ce que l’on pourrait appeler un instinct de survie. Il peut devenir de plus en plus en colère, mais il ne peut pas s’apaiser par ses propres efforts. Il peut s’apaiser lorsque vous cessez de l’alimenter en énergie et que vous utilisez des outils spirituels pour transformer l’énergie accumulée, mais le moi ne peut y parvenir seul.

Le moi est littéralement comme un programme informatique qui ne peut faire que ce pour quoi il a été programmé. Plus son emprise grandit, plus il exerce d’influence sur votre Soi conscient. Vous êtes attirés par le moi et, au fil de nombreuses vies, vous créez progressivement un conglomérat de ces moi, tous fondés sur l’illusion de la séparation. Leur attraction est telle que votre Soi conscient est aspiré dans ce voile d’illusion. Vous êtes alors pris au piège derrière ce voile et vous percevez désormais tout à travers lui. Vous pouvez même en arriver à oublier que vous avez jamais été hors de ce voile. C’est ainsi que vous oubliez votre connexion à votre Soi supérieur, la nature de Bouddha et le potentiel de Bouddha qui résident en vous. Vous vous identifiez alors comme un être humain, soit comme un pécheur, soit comme une personne au karma lourd, soit comme un primate évolué. Cela ne peut se produire que lorsque vous oubliez votre connexion à quelque chose qui dépasse votre propre esprit.

Les moi séparés ne peuvent que créer du karma
Si l’on considère l’effort dans son ensemble, on peut dire que si l’on s’identifie totalement à ce conglomérat de « moi » séparés et à l’ego, qui est en quelque sorte le réceptacle de ces « moi » séparés, alors tout ce que l’on fait, tout l’effort déployé par le biais d’un « moi » séparé, crée du karma. Cela pervertit l’énergie. Cela transforme l’énergie d’amour en énergie de peur et ne fait que renforcer l’illusion d’être un être séparé. Il ne s’agit donc clairement pas d’un effort supérieur, mais d’un effort inférieur.

Qu’est-ce donc qu’un effort supérieur ? Ce sont les activités qui ont pour effet de vous libérer de cette identification aux moi séparés et à l’ego. Il est important de faire une distinction ici. Nombreux sont ceux qui, issus de la tradition bouddhiste, affirment : « Mais le Bouddha a nié avec véhémence l’existence d’un ego séparé. » Certes, mais écoutons ce qui a été dit. Le Bouddha a nié la réalité d’un ego séparé. L’ego séparé n’a pas de réalité, il n’existe pas dans la nature de Bouddha, dans l’esprit bouddhique, mais cela ne signifie pas qu’il n’a pas une existence temporaire et fugace dans l’esprit humain. Comme je l’ai expliqué, tout est énergie. L’énergie peut prendre n’importe quelle forme, mais elle prend forme par la conscience, par la projection d’une image mentale sur l’énergie.

Voilà ce que vous faites en tant qu’être humain incarné : vous cocréez en utilisant la capacité de votre esprit à superposer des images mentales à l’énergie. Lorsque vous agissez ainsi à travers l’une de ces illusions de séparation, vous créez un moi séparé, vous créez même l’illusion globale d’être un être distinct. Le moi, l’ego, a une existence temporaire. Aucun être supérieur ne l’a créé ; vous l’avez créé et, par conséquent, il existe dans votre esprit. Il n’a pas d’existence objective, pour reprendre l’expression scientifique, il a une existence subjective, mais tant qu’il est présent dans votre esprit, tant que l’énergie, l’illusion et le sentiment de soi y sont, il influence votre esprit. Cela signifie, entre autres, que l’ego ne peut être transformé. Certaines personnes ont en effet construit un moi séparé très fort et s’y sont tellement identifiées qu’elles pensent que le but du chemin spirituel est de transformer ce moi séparé jusqu’à ce qu’il atteigne un état lui permettant d’accéder au paradis, ou d’atteindre l’illumination.

Voici le véritable sens des enseignements transmis il y a 2 500 ans. L’ego n’existe pas ; par conséquent, il ne peut devenir le Bouddha, ni s’élever vers une forme quelconque de permanence ou d’immortalité. Certains chrétiens croient que s’ils sont fidèles et respectent les préceptes de la religion, Jésus apparaîtra après leur mort et emportera leur personnalité extérieure, le sentiment séparé du moi, au ciel.

Le rêve impossible de l’ego
Quelle est la caractéristique du paradis, du royaume spirituel, ou quel que soit le nom qu’on lui donne ? C’est qu’il repose sur la prise de conscience que toute vie est une, que tout est interconnecté, qu’il s’agit d’un tout interdépendant. Comment un moi séparé, qui nie cette connexion, cette unité, pourrait-il jamais y accéder ? C’est impossible, c’est irréalisable ; c’est un rêve impossible, le rêve ultime du moi séparé. Pourquoi les gens nourrissent-ils ce rêve ? Eh bien, parce que, comme je l’ai dit, lorsque vous vous laissez prendre à cette illusion de séparation, vous aurez le sentiment d’avoir perdu quelque chose. Vous aurez perdu votre connexion à votre soi supérieur. Vous ressentirez cette perte et vous éprouverez le désir de la surmonter, même sans en comprendre pleinement le sens. Vous aspirerez à quelque chose. On peut masquer cela pendant un certain temps en se plongeant dans des activités mondaines, comme beaucoup l’ont fait pendant de nombreuses vies, mais il arrivera un moment où votre désir ardent de quelque chose, qui est fondamentalement un désir de quelque chose en dehors de votre propre esprit, de votre esprit séparé, fera surface et vous ne pourrez plus le nier.

L’ego possède une conscience rudimentaire. Il cherche à maintenir son emprise sur votre esprit. Lorsque votre désir d’autre chose se manifeste, l’ego sait qu’il ne peut le satisfaire, mais il tentera néanmoins de vous faire croire que vous pouvez combler ce désir en perfectionnant votre moi séparé. Par exemple, lorsque vous découvrez un enseignement spirituel qui parle d’élever sa conscience, d’atteindre un état supérieur, d’entrer dans le nirvana, le paradis, la béatitude, l’illumination, l’ego s’exclamera : « Bien sûr ! Je soutiens ta quête d’amélioration et d’accès à cet état supérieur. Et tu peux y parvenir en m’élevant moi à cet état supérieur. Je peux devenir parfait. Je peux devenir immortel. » C’est un mensonge pur et simple, une totale incompréhension. L’ego n’entrera jamais au paradis, dans le royaume spirituel, au nirvana. C’est impossible.

Un moi séparé ne peut se transformer en un moi d’unité. Nombre de personnes spirituelles, issues de diverses traditions, le nient, mais c’est une réalité. Vous avez créé ces moi sur la base de l’illusion de la séparation. Chaque moi possède une illusion spécifique, une certaine quantité d’énergie imprégnée d’une conscience rudimentaire, ce qui lui donne l’illusion d’une réalité, d’une existence.

Comme le disait le philosophe René Descartes : « Je pense, donc je suis. » Autrement dit, le fait d’être conscient implique nécessairement que j’existe, et c’est ce que pense un moi séparé. L’ego croit que le fait d’être conscient en tant qu’être séparé signifie qu’il a une certaine réalité, une certaine existence en tant qu’être séparé. C’est l’illusion que j’ai tenté d’expliquer il y a 2 500 ans en affirmant qu’il n’existe pas d’ego séparé doté d’une existence réelle. J’étais bien sûr parfaitement conscient de son existence temporaire et que le but même du Noble sentier octuple était d’aider les individus à se libérer de leur identification à cet ego.

Surmonter l’ego, un moi à la fois
Comment surmonter l’ego ? L’ego est au cœur de ce sentiment d’identité séparée, mais le surmonter n’est pas chose aisée. La solution est pragmatique. Il faut commencer par comprendre que l’ego est comme un réceptacle abritant de multiples moi séparés, chacun fondé sur une illusion particulière. Il faut ensuite examiner chaque moi un par un, et le moyen le plus simple de les mettre à nu est d’observer ses réactions face à des situations spécifiques. Pourquoi, par exemple, réagissez-vous avec peur face à certaines situations ? Pourquoi réagissez-vous avec colère ou irritabilité ? Pourquoi doutez-vous de vous-mêmes dans certaines situations ? Pourquoi devenez-vous agressifs ou pourquoi vous soumettez-vous à l’agression ?

Vous prenez conscience d’une réaction particulière. Vous réalisez qu’il existe un moi séparé dans votre subconscient. Certaines situations activent ce moi, qui prend alors le contrôle de vos réactions. Vous ne décidez pas consciemment comment réagir face à certaines situations. Ce moi séparé s’active simplement et prend le dessus. Cela vous montre qu’un moi séparé se cache derrière ce schéma. Vous pouvez maintenant l’explorer. Vous pouvez vous plonger dans vos émotions jusqu’à les traverser, et continuer à examiner et à utiliser votre intuition jusqu’à découvrir la croyance sous-jacente.

Il peut arriver un moment où, soudain, votre Soi conscient se détache de ce moi séparé et vous l’observez de l’extérieur. Nombreux sont ceux qui, n’ayant jamais entendu parler d’enseignement spirituel, et certainement pas de celui des moi séparés, ont vécu cette expérience spontanément. Ils ont traversé une situation extérieure, souvent grave, vécue comme une crise, où un changement soudain s’est opéré. Au lieu de réagir comme à leur habitude, leur esprit s’est soudainement apaisé. C’est comme si, dans un intervalle hors du temps, ils s’étaient extraits de la situation et la percevaient désormais d’un point de vue extérieur.

Il peut arriver, dans certains cas, qu’une pensée consciente vous traverse l’esprit : « Pourquoi est-ce que je réagis toujours ainsi ? » C’est un exemple de la façon dont on parvient au point où le Soi conscient se détache d’un moi séparé particulier. Une fois hors de ce moi, on peut le voir. On peut voir l’illusion sur laquelle il repose. On peut voir comment le moi nous limite, limite nos réactions et nous prive de notre liberté de réagir consciemment. C’est alors que l’on peut prendre cette décision : « Je ne veux plus réagir ainsi. Je ne veux plus de cela dans ma vie. Je ne veux plus voir la vie à travers ce filtre. » Que faire ensuite ? Il ne s’agit pas de résoudre un problème, ni d’agir sur ce moi. Une fois l’illusion perçue, il suffit de franchir le pas, d’abandonner le moi, de le laisser mourir.

Un moi séparé ne peut pas être perfectionné. Il ne peut pas être transformé en un état supérieur. Il faut simplement le laisser mourir. Un moi séparé est fondamentalement un attachement, et comment surmonter un attachement ? En le lâchant prise. En abandonnant toutes les illusions et tous les désirs qui le sous-tendent. Vous pensez devoir accomplir quelque chose dans ce monde – en réalité, pour masquer votre sentiment d’incomplétude. Lorsque vous comprenez cela, vous pouvez vous en libérer et réaliser que vous n’avez pas besoin d’accomplir quoi que ce soit dans ce monde pour devenir entier. Vous devez renoncer à l’idée que vous devez faire quelque chose dans ce monde, et alors vous vous sentirez spontanément plus entier.

Pourquoi cela ? Souvenez-vous de ce que j’ai dit. À l’origine, vous ressentiez une connexion avec votre Soi supérieur. Vous l’avez recouverte d’une illusion, mais votre état naturel est de vous sentir connectés. En vous libérant de cette illusion, vous retrouverez ce sentiment de connexion. Vous pouvez maintenant, bien sûr, approfondir cette connexion, ce qui est votre objectif sur le Noble sentier octuple. L’état naturel de tout être humain est de se sentir connecté à son Soi supérieur. Vous pouvez développer votre conscience, approfondir cette connexion, mais vous ne perdrez jamais complètement la possibilité d’y revenir. La connexion est, en un sens, toujours présente. Votre Soi supérieur est toujours là, il vous envoie constamment de l’énergie. Simplement, votre esprit s’est enfermé dans une illusion, vous empêchant ainsi de percevoir cette connexion. Libérez-vous de cette illusion et vous retrouverez ce sentiment de connexion. Il ne s’agit pas de penser que le moi séparé qui vous empêche de ressentir cette connexion doit être perfectionné pour que vous vous sentiez à nouveau connectés. Non, il vous suffit de vous libérer de ce moi et de revenir à l’état naturel de connexion.

Il n’y a pas de secret pour la croissance
Qu’est-ce que cela signifie ? Cela signifie que tout effort renforçant le sentiment de séparation ne vous fera pas progresser sur le chemin. Tout effort dissipant le voile de maya rétablira ou approfondira la connexion, et c’est ce qui vous fera avancer. Autrement dit, tout effort contribuant à renouer avec la connexion est un effort supérieur. Comme je l’ai dit, il ne s’agit pas seulement des actions ou des efforts physiques que vous déployez. Une pratique spirituelle, en soi, n’entraînera pas automatiquement une transformation de la conscience. L’étude d’un enseignement spirituel n’entraînera pas automatiquement une transformation de la conscience.

Nombreuses sont les personnes, spirituelles à travers les âges, issues de la tradition bouddhiste et d’autres traditions, qui ont cru à l’existence d’un secret pour la croissance spirituelle. Elles pensent pouvoir accéder à un enseignement supérieur. Beaucoup croient, par exemple, qu’il existe des enseignements accessibles à tous, et d’autres, secrets, réservés à une élite ayant atteint un niveau avancé sur le chemin spirituel. Elles pensent que ces enseignements sont cachés et consacrent leur vie à les rechercher, persuadées qu’une fois en leur possession et après les avoir lus, elles atteindront automatiquement l’illumination. Comment cela est-il possible ? Certes, un enseignement spirituel peut aider à discerner une illusion, mais la lecture d’un enseignement spécifique ne garantit en aucun cas la prise de conscience de votre illusion.

Deux personnes peuvent partager la même illusion, le même moi séparé. Elles lisent un enseignement spirituel. Pour l’une, cela signifie qu’elle perçoit l’illusion et s’en libère, tandis que l’autre ne la perçoit pas. Pourquoi ? Eh bien, cela dépend de votre compréhension de l’essence du chemin spirituel. S’agit-il de voir l’illusion et de se défaire du moi séparé, ou bien de l’élever et de le perfectionner ? On pourrait aussi dire que cela dépend de l’endroit où vous portez votre attention. Regardez-vous à l’extérieur ou à l’intérieur de vous-mêmes ? Êtes-vous prêts à explorer votre propre psychologie, à examiner vos propres illusions, à les combattre jusqu’à les démasquer ? Ou pensez-vous qu’une force extérieure et magique peut accomplir cela à votre place ? Ou même, ne croyez-vous pas qu’une force extérieure puisse résoudre vos problèmes psychologiques ? Vous pensez qu’un gourou extérieur va miraculeusement vous conduire à l’illumination.

Ce qu’un gourou ne peut pas faire pour vous
Il existe en Orient une très ancienne tradition de relation maître-disciple. Nombreux sont ceux qui croient, et de nombreux maîtres affirment, qu’un véritable maître possède le pouvoir magique d’élever ses disciples vers un état supérieur, l’éveil, le nirvana, quel que soit le nom qu’on lui donne. C’est impossible. Personne ne peut modifier vos décisions à votre place. Vous devez être prêts à examiner consciemment les décisions que vous avez prises par le passé, celles qui vous ont conduit à accepter l’illusion d’un moi séparé, et vous devez être prêts à décider consciemment de laisser mourir ce moi séparé.

Un gourou peut vous aider à percevoir vos moi séparés. Il peut vous confronter à votre ego. Il peut agir de manière à faire émerger, à activer, l’un de vos schémas de réaction. Le gourou ne peut décider à votre place, car la décision a été prise en vous et ne peut être annulée qu’en vous. Vous n’avez peut-être pas conscience d’avoir pris une décision il y a de nombreuses vies, mais vous pouvez encore en prendre conscience, comprendre ses implications et, par conséquent, vous en libérer. Aucun effort extérieur, aucune force extérieure, aucun gourou extérieur ne peut accomplir cela pour vous. Tant que vous dirigez votre attention vers l’extérieur et tenter de changer quelque chose d’extérieur à vous, vous stagnerez sur le chemin spirituel. Vous n’irez nulle part. Encore une fois, vous pouvez donner l’impression d’avancer, mais qu’est-ce que vous faites réellement en agissant ainsi ?

Réfléchissez à ce que je viens de dire. Vous possédez plusieurs moi séparés, fondés sur des illusions. Ils vous maintiennent prisonnier du voile de maya. Vous découvrez alors la voie spirituelle, un enseignement spirituel. Cet enseignement est valable. Il a le potentiel de vous aider à progresser en vous engageant sur le Noble sentier octuple, mais le fera-t-il ? Le résultat ne peut être garanti, car l’essence du véritable chemin réside dans la transcendance, la prise de conscience, puis le rejet conscient de ces moi séparés. Si vous n’êtes pas disposés à faire cela, ou si vous ne le comprenez pas, que ferez-vous à la place ? Vous vous approprierez l’enseignement spirituel et vous l’utiliserez pour construire un nouveau moi. Ce moi séparé sera fondé sur l’illusion que si vous étudiez assidûment un enseignement spirituel, si vous pratiquez assidûment la spiritualité, vous deviendrez un étudiant de plus en plus avancé en manifestant ces choses extérieures. Ainsi, vous progresserez sur le chemin.

Nombreuses sont les personnes spirituelles, à travers les âges, qui ont nourri de bonnes intentions en voulant progresser spirituellement, mais n’ayant pas saisi l’essence du chemin, elles ont simplement créé une multitude de moi séparés, fondés sur leurs enseignements spirituels. Elles ont ainsi renforcé l’ego, qui se croit séparé et aspire constamment à une forme de supériorité. Pourquoi l’ego aspire-t-il à cela ? Parce qu’il est suffisamment conscient de son incomplétude. Il ne comprend pas vraiment qu’il ne pourra jamais accéder au paradis, mais il sait qu’il est incomplet. Il sait que vous vous sentez incomplets et cherche sans cesse à masquer cette incomplétude, à la compenser. L’ego cherche constamment à devenir supérieur d’une manière ou d’une autre, car il pense que s’il atteint un niveau de sophistication suffisant dans ce monde, alors l’accès au monde supérieur lui sera accordé.

L’ego spiritualisé
Nombreux sont ceux qui, croyant en un Dieu supérieur, ont développé un ego les poussant à penser que s’ils accomplissent tous les préceptes extérieurs de leur religion, Dieu leur accordera l’accès au paradis et l’immortalité. L’ego cherche en quelque sorte à conclure un marché avec Dieu : « Si j’accomplis ces préceptes, tu me laisseras entrer au paradis. » Le problème, c’est que tout cela n’est qu’une illusion. L’image que l’ego se forge de Dieu est totalement déconnectée de la réalité spirituelle. Prenons l’exemple des trois religions monothéistes, fondées sur l’image du Dieu en colère dans le ciel, tirée de l’Ancien Testament : « Existe-t-il un tel Dieu céleste ? » La réalité est qu’un tel Dieu n’existe pas. Il existe plutôt un être, créé dans la conscience collective, dont l’existence est temporaire, aux niveaux émotionnel, mental et identitaire de l’univers matériel et de la conscience collective. C’est un dieu artificiel, façonné à l’image et à la ressemblance de l’ego. C’est un dieu qui favorise ceux qui lui obéissent et qu’il récompense, mais qui punit ceux qui lui désobéissent. Il ne peut s’agir que d’un dieu dualiste et, par conséquent, sa réalité est dénuée de toute signification lorsqu’on comprend la nature de la dualité et de la non-dualité.

L’ego tente l’impossible. Il cherche à définir des critères terrestres qui lui garantiraient l’accès au monde supérieur. L’ego naît de l’illusion de la séparation. Il ne pourra jamais appréhender l’unité. Que fait-il ? Il définit des critères fondés sur l’illusion de la séparation, c’est-à-dire des critères irréels. La réalité est unité ; l’irréalité est séparation et division. Vous pensez, ou plutôt l’ego pense, qu’il est possible de quitter l’unité pour entrer dans la séparation, puis, grâce à l’illusion de la séparation, de revenir à l’unité. C’est impossible. Comment cela pourrait-il être possible ?

On rencontre souvent des personnes religieuses ou spirituelles qui, après avoir trouvé un enseignement spirituel ou religieux, ont élaboré, ou plutôt repris dans de nombreux cas, ce qui avait déjà été créé collectivement par les membres de cette religion, une vision complexe de ce qu’ils doivent faire et de ce qu’ils ne doivent pas faire. Elles s’y consacrent avec ferveur, absolument convaincues de progresser et qu’un jour, un miracle se produira. Jésus apparaîtra dans le ciel, emmènera les bons chrétiens au paradis, enroulera le monde comme un parchemin et condamnera tous les autres à l’enfer. Bouddha apparaîtra aux hommes, leur accordera l’illumination et laissera les autres dans le désespoir. Un enseignement magique leur apparaîtra et, à sa lecture, ils atteindront l’illumination.

Beaucoup croient que le chemin spirituel est une aventure glorieuse menant à une sophistication, un statut et une reconnaissance toujours plus grands, selon les critères de ce monde. Or, ces critères sont définis par l’ego et reposent sur la séparation. Comment pourraient-ils mener à l’unité ? En réalité, le chemin spirituel n’a rien de glorieux. C’est un chemin d’introspection constante, d’observation de ses propres réactions, de mise à nu des mécanismes psychologiques sous-jacents et de leur lâcher-prise. Il s’agit de révéler ces multiples moi séparés et de les laisser mourir. Voilà l’essence du chemin spirituel. Tant que vous êtes en incarnation, vous possédez certains moi que vous n’avez pas encore découverts, car sans eux, il vous serait impossible de demeurer dans un corps physique sur une planète aussi dense que la Terre.

Que signifie être illuminé
Il existe une croyance très ancienne parmi les chercheurs spirituels : « Oh, cette personne est illuminée, ce gourou est illuminé. » Or, il y a là une part de réalité et une part d’illusion. D’une part, il est clair que certaines personnes ont atteint un niveau de conscience supérieur à la moyenne. Certes, ceux qui comprennent la dynamique du chemin spirituel que j’ai expliquée ici peuvent progresser graduellement vers des niveaux de conscience supérieurs à leur point de départ, et certainement supérieurs à ceux de la moyenne. Cependant, si vous pensez que l’illumination signifie que vous n’avez plus d’illusions ou de moi séparés, alors votre compréhension est loin d’être optimale.

Il existe une histoire du Bouddha selon laquelle j’ai atteint l’éveil. Je suis entré au Nirvana, puis j’ai décidé, au lieu d’y demeurer, de revenir sur Terre pour enseigner. C’est ainsi que je suis revenu dans un état d’éveil. Beaucoup ont alors imaginé que j’étais un être parfait, sans illusions ni moi séparés. En réalité, j’avais surmonté la plupart des illusions propres à l’incarnation humaine. Je ne les avais pas toutes surmontées, sinon je n’aurais pas pu demeurer dans un corps physique. Cela ne signifie pas que je n’ai pas atteint un niveau de conscience supérieur à la moyenne. Bien au contraire. Cela signifie simplement que j’avais une vision réaliste, voire humble, de moi-même. Je ne me considérais pas comme un être parfait, contrairement à certains de mes disciples d’alors, et surtout de ceux qui l’ont fait depuis.

Il existe, au sein des mouvements spirituels, un phénomène que l’on pourrait appeler le « syndrome du gourou défunt ». Une fois le gourou décédé, les adeptes projettent sur lui leurs rêves et leurs illusions, se persuadant de sa grandeur et de leur propre perfection. Pourquoi agissent-ils ainsi ? Parce que plus le gourou est perçu comme exceptionnel, plus ils se sentent exceptionnels en tant que disciples ou élèves. Cela nourrit leur ego et l’illusion qu’en suivant ce gourou prétendument parfait, ils détiennent le pouvoir de le transformer sans qu’ils aient à examiner leur propre état de conscience et leur psychologie.

Que suis-je en train de dire ? Simplement ceci : tant que vous êtes en incarnation, vous êtes sujets à certaines illusions que vous devez surmonter. Cela signifie qu’il faut être humble, réaliste et ne pas prétendre avoir atteint une quelconque perfection. Certains affirment être l’incarnation d’un dieu ou avoir atteint un état d’illumination. D’autres, sans l’affirmer eux-mêmes, laissent leurs disciples le croire sans les contredire. Ce n’est pas la voie la plus élevée.

Tant que vous êtes dans un corps physique, il y a au moins une illusion à surmonter, et une fois celle-ci surmontée, vous ne pouvez plus y rester. C’est aussi simple que cela. On peut imaginer toutes sortes d’histoires et de théories sur des êtres parfaits vivant dans l’Himalaya et conservant un corps physique depuis des siècles. Cela ne signifie pas qu’il n’y a pas une certaine réalité, mais ces êtres ne se perçoivent pas comme vous les voyez depuis votre état de séparation. Ils ont atteint un haut niveau de conscience, mais ils sont réalistes et savent qu’il y a quelque chose qui les retient dans un corps physique. Pour s’en libérer définitivement, ils doivent surmonter cette illusion. Ils sont réalistes dans leur auto-évaluation car on ne peut atteindre un état de conscience supérieur sans surmonter la séparation, le sentiment de séparation. C’est uniquement par ce sentiment de séparation que certains peuvent être supérieurs aux autres. L’idolâtrie d’un gourou spirituel ne peut naître que de ce sentiment de séparation. Si le gourou se prétend supérieur, ou s’il permet à ses disciples de le considérer comme tel, il n’a pas surmonté la séparation. Comment le pourrait-il ?

L’effort illusoire de se placer au-dessus des autres
Une évaluation réaliste, une fois transcendé tous ces individualités, est que vous êtes, comme tout le monde, une expression de l’Esprit Un. Or, comment une expression de cet Esprit Un pourrait-elle être plus sophistiquée, plus parfaite qu’une autre ? Tout est nature de Bouddha. Chaque être conscient est une expression de la nature de Bouddha. Comment un être pourrait-il être fondamentalement plus spécial qu’un autre ? La Déclaration d’indépendance américaine affirme : « Tous les hommes sont créés égaux. » C’est en un sens la reconnaissance que tous sont des expressions de la nature de Bouddha. La nature de Bouddha est exempte de jugement de valeur. C’est seulement sous le voile de maya, l’illusion de la séparation, qu’un jugement de valeur peut exister, affirmant qu’une personne est plus spéciale qu’une autre.

Quel est le rapport avec l’effort ? Eh bien, tout effort visant à se surpasser par rapport aux autres n’est pas un effort supérieur. Comment le pourrait-il ? À mesure que l’on s’élève et que l’on se libère des illusions de séparation, on commence à percevoir l’ensemble et, par conséquent, chaque effort que l’on déploie vise à élever l’ensemble, et non à s’élever soi-même en tant qu’individu isolé.

Chercher à s’élever au rang d’individu distinct découle de l’illusion de la séparation et ne fait que vous y maintenir prisonnier. Si vous vous élevez au rang de gourou parfait et que vous parvenez à convaincre vos disciples de cela, tous vos efforts ne feront que vous enfermer davantage dans l’illusion de la séparation, et y maintenir également vos disciples. Si vous examinez attentivement les récits, certes fragmentaires et incomplets, de la vie du Bouddha et que vous lisez entre les lignes, vous constaterez ceci : je ne me suis pas érigé en être parfait. Certes, on peut trouver des enseignements qui prétendent le contraire, mais ils ont été ajoutés ultérieurement, car certains ont perçu la vie et les enseignements du Bouddha à travers le voile de maya, et ont superposé leurs propres croyances, leurs croyances en la séparation, pour créer une idolâtrie autour du Bouddha, qui est censé être si spécial, né d’une manière si particulière, et donc le seul et unique gourou parfait ayant jamais existé sur Terre. Ils croient que je possède le don magique de les amener à l’illumination sans qu’ils aient à faire l’effort difficile et désagréable d’examiner leur propre psychologie, de surmonter leurs attachements.

Ce ne sont là que des illusions créées par l’esprit séparé. On ne peut surmonter la séparation par la séparation. On ne peut pas créer un moi séparé qui appréhende l’unité, qui en fasse l’expérience et qui y parvienne. On ne peut pas prendre un moi séparé et le perfectionner pour qu’il atteigne l’unité. On ne peut pas surmonter un état de conscience et résoudre un problème avec le même état de conscience qui l’a engendré.

Certains diront que je me répète. Si vous vous penchez sur les enseignements originaux, vous constaterez qu’une histoire était souvent racontée pour illustrer un point précis. Cette histoire était ensuite répétée, parfois même plus de trois fois. Pourquoi ? Parce que la plupart des gens ne saisissent pas l’enseignement spirituel dès la première fois qu’ils le découvrent. Nous avons des corps émotionnel, mental et identitaire. On étudie un enseignement et on le comprend au niveau émotionnel, puis on l’étudie à nouveau et on le comprend au niveau mental, puis encore une fois et on le comprend au niveau identitaire. Que se passe-t-il si l’on ne le comprend pas au niveau émotionnel ? On peut très bien lire un enseignement sans qu’il transforme notre conscience. On le comprend intellectuellement et on utilise cette compréhension pour se créer une image mentale de l’enseignement. Ce n’est pas cela, saisir l’enseignement.

Que signifie réellement saisir un enseignement spirituel ? Notez bien que je ne parle pas de compréhension, mais de saisie, d’intériorisation. Lorsque vous prenez un enseignement spirituel précis et que vous l’utilisez comme un miroir pour vous observer, pour examiner vos réactions, votre propre psychologie, et que lorsque vous prenez conscience de quelque chose en vous et que vous le laissez aller, alors vous avez utilisé l’enseignement, vous l’avez saisi. Vous l’avez mis en pratique.

Le véritable but d’un enseignement spirituel
Au-delà de cela, quel est le but d’un enseignement extérieur ? Il est de vous connecter à la source de l’enseignement. Comment se connecter à la source de l’enseignement ? Certainement pas par l’esprit de séparation. Comment l’esprit séparé pourrait-il se connecter à quoi que ce soit ? Comment l’esprit séparé pourrait-il se connecter à ce qui transcende la séparation ? Comment l’esprit séparé pourrait-il se connecter à l’unité ?

Me voici devenu le Bouddha. J’ai parcouru un chemin spirituel pendant de nombreuses années, j’ai atteint un niveau de conscience supérieur et j’ai eu le choix. Je pouvais quitter la Terre définitivement et entrer dans le nirvana. Je ne décrirai pas ce qui se passe au nirvana, cela n’a rien à voir avec notre discussion. J’avais la possibilité de quitter la Terre. Au lieu de cela, j’ai choisi de revenir dans un corps physique pour enseigner. Quel était mon but ? Je savais que mon corps physique avait une durée de vie limitée. Je savais que l’enseignement direct que je pouvais donner en interagissant avec les élèves ne pouvait durer qu’un temps. J’ai donc cherché à transmettre un enseignement qui puisse survivre à mon corps physique et aider les générations futures à suivre le chemin que j’avais moi-même parcouru pour atteindre des niveaux de conscience supérieurs.

Il existe d’autres niveaux sur ce chemin, comme je l’ai décrit, qui peuvent vous aider à progresser à différents stades. Quel est le cœur de ce chemin, le véritable but de cet enseignement ? Comment ai-je atteint un niveau de conscience supérieur ? En surmontant les illusions, en les dissipant une à une. Après avoir commencé à les surmonter, que s’est-il produit ? Je me suis connecté à mon Soi supérieur, à la nature de Bouddha en moi. Je me suis connecté à l’Esprit Un, et ce, non pas intellectuellement, ni à distance, ni en créant une image mentale de l’Esprit Un, ni en utilisant mon esprit séparé pour cela. Non, je l’ai fait en sortant de cet esprit séparé et en faisant l’expérience directe de l’Esprit Un. C’est là le véritable but d’un enseignement : vous connecter à l’Esprit Un en vous, afin que vous ne le perceviez pas comme extérieur à vous.

Quelle est la réalité de l’enseignement selon lequel tout est nature de Bouddha ? Vous possédez la nature de Bouddha en vous. Comment la découvrir ? Comment trouver le Bouddha ? Uniquement en vous-mêmes. L’esprit séparé, l’ego, ne peut saisir cela. Il cherchera toujours à l’extérieur de vous, hors de lui-même. On trouve des enseignements bouddhistes qui parlent du Bouddha et l’esprit séparé projette : « Ah, le Bouddha est hors de vous. Il est là. Il est derrière ce rocher. Il est dans cette grotte, là-haut dans l’Himalaya. Il est dans cette écriture. Il est dans cette pratique. » Un maître bouddhiste a suggéré que si vous rencontrez le Bouddha sur votre chemin, vous devez le « tuer ». Pourquoi ? Parce que si vous rencontrez une personne et que vous l’identifiez au Bouddha, vous vous empêchez de voir la nature de Bouddha en vous et vous bloquez votre progression. Il vaut mieux « tuer » cette personne extérieure, non pas physiquement, mais mentalement, afin de conserver une chance de découvrir la nature de Bouddha en vous.

Comment découvrir la nature de Bouddha en vous ? Non par une compréhension intellectuelle, mais par une expérience directe. Qu’est-ce qui peut vous procurer cette expérience ? J’ai expliqué que le cœur de votre être est le Soi conscient. Il a créé la personnalité extérieure. Il a créé le contenu des esprits émotionnel, mental et identitaire, mais il ne s’est pas assimilé à ce contenu. Vous avez créé l’ego, mais vous ne l’avez pas assimilé. Vous n’avez fait que pénétrer dans l’ego, comme si vous revêtiez une armure. Vous ne pouvez pas perdre votre capacité à vous extraire de l’ego et du mental extérieur. Lorsque vous prenez conscience de cette capacité, lorsque vous la cultivez, lorsque vous l’utilisez, lorsque vous diminuez l’influence du mental extérieur sur votre esprit conscient, vous atteindrez un point où vous ferez spontanément l’expérience de vous extraire de votre perception habituelle de vous-même et, par conséquent, de vous connecter à quelque chose de plus grand, quelque chose qui transcende votre perception habituelle de vous-mêmes. C’est l’expérience de l’unité de l’esprit, de la nature de Bouddha en vous. C’est le but de tout véritable enseignement spirituel. C’est le but du Noble sentier octuple.

L’objectif de vos efforts
Vous pouvez donc maintenant évaluer vos efforts. À quoi visent-ils ? Cherchent-ils à vous élever à un certain statut, selon des critères définis dans ce monde ? Ou visent-ils à vous faire vivre cette expérience de connexion, d’unité avec l’Esprit Un, avec la nature de Bouddha ? La percevoir en vous-mêmes plutôt qu’à l’extérieur. Quel est le but du retour du Bouddha du nirvana pour enseigner ? Était-ce pour s’élever à jamais et faire dire à tous les habitants de la Terre : « Il était une fois un être merveilleux et parfait qui vivait sur Terre. Nous devons le vénérer, le suivre, et un jour il nous élèvera à la perfection » ? Le Bouddha était-il vraiment pris dans une quête d’ego démesurée pour s’élever au-dessus de tous les autres pour l’éternité ? Si vous le croyez, alors vous êtes dans un état de séparation et vous projetez le rêve de votre propre ego sur le Bouddha. Mieux vaut tuer ce Bouddha, car cela pourrait mener au progrès, car le vénérer n’y mènera certainement pas.

Que désirait le Bouddha ? Il voulait démontrer par l’exemple que tout être humain peut atteindre un niveau de conscience supérieur, afin que, par son exemple, chacun puisse dire : « Ce qu’il a accompli, tous peuvent l’accomplir. » Si le Bouddha a pu atteindre un état de conscience supérieur, alors je le peux aussi. Comment le Bouddha a-t-il atteint cette conscience supérieure ? En redécouvrant la nature de Bouddha en lui. Le Bouddha affirme que tout est nature de Bouddha, ce qui signifie que je possède la nature de Bouddha en moi, et que je peux la redécouvrir en suivant son exemple et ses enseignements. Si je crois que la nature de Bouddha ne peut apparaître qu’en lui, alors je ne suis pas un véritable disciple. Je n’applique pas ses enseignements ni son exemple. Je crée une idole et je la vénère.

Encore une fois, quel devrait être votre effort ? Eh bien, le but de votre effort sur le chemin spirituel devrait être de vivre cette expérience d’unité, de connexion. Observez maintenant comment votre mental extérieur réagit. Il dira : « Ah, il doit y avoir un effort particulier que je peux faire pour produire cette expérience, pour la garantir. » Si vous tenez compte de ce que je viens de dire, vous comprendrez l’absurdité de cette approche. Aucun effort fondé sur l’illusion de la séparation ne peut garantir l’expérience d’unité. Ce que vous devez faire, ce n’est pas faire d’effort, ni faire un meilleur effort, ni faire un effort plus intense. Vous devez cesser de faire des efforts. Vous devez cesser de déployer des efforts, par le biais du moi séparé, visant à produire un progrès spirituel.

J’ai dit qu’il est possible de faire des efforts pour surmonter les illusions, mais qu’aucun effort ne permet d’atteindre l’unité. Pour y parvenir, il faut cesser tout effort. Il faut véritablement faire taire le mental. Mais comment y parvenir ? « Quel effort puis-je faire pour faire taire le mental ? », se demandera le mental. « Aucun effort n’est possible. »

L’effort pour arrêter le mental
Nombreuses sont les personnes de la tradition bouddhiste qui ont pratiqué la méditation et constaté l’ingérence constante du mental. Ce mental agité produit sans cesse des pensées, les poussant à rechercher un effort supérieur pour le faire taire. Or, plus on s’efforce de le faire taire, plus on l’utilise, et plus on s’y enferme. Croire pouvoir le faire taire par la seule force du mental est un piège de plus. Que faire alors ? Il est possible de suivre la voie. Il est possible de suivre les enseignements que je vous ai transmis. En transcendant ces individualités, vous atteindrez des moments où vous ferez spontanément l’expérience de sortir de votre perception habituelle de vous-mêmes et de vous connecter à quelque chose qui transcende votre propre mental.

L’expérience d’unité ne se produit pas, elle se reçoit. On peut la considérer comme un don, une grâce, mais il ne faut pas croire qu’une force extérieure nous l’accorde. Elle survient spontanément, au fil de notre cheminement. Il est donc important d’être patient avec soi-même, de persévérer et d’attendre qu’elle se manifeste. En un sens, il ne faut pas s’attacher à ce qu’elle se produise ou non, car si l’on souhaite qu’elle se produise, on mobilise son mental pour la forcer, ce qui la repousse. Nombreuses sont les personnes spirituelles qui ont atteint un niveau où elles ont levé la plupart des obstacles mentaux. Grâce à une ouverture suffisante de leurs corps émotionnel, mental et identitaire, elles peuvent se connecter à leur Soi supérieur. Elles en sont capables, mais leur mental conscient, trop concentré sur l’effort, les empêche de vivre cette expérience.

Il n’y a aucun effort à fournir. Vous pouvez seulement abandonner tout effort. Vous pouvez renoncer. Vous pouvez lâcher prise. Lâchez prise de votre attachement. Nombre de personnes spirituelles sont attachées à vivre ces expériences intenses, et cet attachement les empêche de lâcher prise, repoussant ainsi l’expérience. Certaines personnes agissent ainsi pendant des décennies, voire des vies entières, restant constamment focalisées sur leurs pensées au lieu de lâcher prise. La plupart des personnes réceptives à cet enseignement sont déjà ouvertes d’esprit. Par conséquent, vous pourriez, en ce moment même, ressentir une connexion, mais seulement si vous êtes capables de lâcher prise. Au lieu d’être dans votre état d’esprit habituel, ou même au lieu d’être dans un état d’esprit qui aspire à une expérience particulière, vous entrez dans un état d’esprit complètement neutre. Quoi qu’il arrive. Si vous avez une expérience, vivez-la ! Si vous n’en avez pas, continuez votre chemin !

Sur le chemin spirituel, certains efforts contribuent à votre développement. Ces efforts vous mènent progressivement vers des niveaux toujours plus élevés. À un certain stade, il est nécessaire de contempler ce qui se trouve au-delà de l’effort. Je ne dis pas qu’il faut cesser de faire des efforts, mais au-delà, il faut cultiver la capacité de ne plus faire d’effort. Lâcher prise, s’abandonner, renoncer, se laisser porter par le courant de la vie, peu importe comment vous le percevez. Vous ne faites plus d’effort. L’effort suprême est l’absence d’effort.

Sur ces paroles, je vous scelle. Pour moi, prononcer ce long discours a été d’une facilité déconcertante. Avez-vous dû faire un effort pour l’étudier ? Dans ce cas, réfléchissez à ce que j’ai dit à propos du lâcher-prise, car vous pouvez atteindre un stade où étudier et intérioriser le discours devient naturel, et c’est alors que vous aurez pleinement saisi l’effort supérieur.

Copyright 2023 Kim Michaels
© Noël Wan pour la traduction française, 20/05/2026

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