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Prendre des actions supérieures

Message dicté par Gautama Bouddha à travers Kim Michaels, le 7 janvier 2023 lors du webinaire du nouvel an 2023 « Être une personne spirituelle dans un monde chaotique ». (5/9)

Je suis le Maître ascensionné Gautama Bouddha. Le sujet suivant est naturellement ce qu’on appelle traditionnellement « action juste », mais je préfère l’appeler « action supérieure ».

Vous devez prendre en compte les enseignements que j’ai donnés sur la parole, sur l’énergie et son utilisation, car ils sont également pertinents pour le sujet de l’action. Vous vous demandez peut-être : « Quel rapport y a-t-il entre une action réalisée avec un corps physique et l’énergie ? » Eh bien, comme je l’ai dit, tout est énergie. Tout ce que vous faites est fait avec de l’énergie. Je sais qu’il est facile d’imaginer que vous émettez une impulsion énergétique à travers votre corps émotionnel, lorsque vous projetez peut-être une émotion très forte. C’est peut-être plus difficile d’imaginer que vous émettez une impulsion énergétique avec votre corps physique.

Cela devient assez facile lorsque vous comprenez que votre corps physique est le plus bas de vos quatre corps. Vous ne pouvez pas entreprendre une action physique qui se déroule uniquement au niveau physique. Le niveau physique est une projection de ce qui se passe aux trois niveaux supérieurs. Toute action que vous entreprenez prend naissance dans votre corps identitaire, passe par votre mental, puis par votre émotionnel, avant d’être traduite en une action physique. Chaque fois que vous entreprenez une action physique, vous émettez une impulsion à travers vos quatre corps. La plupart des gens n’en sont pas conscients. Ils pensent qu’une action physique se limite au niveau physique. Beaucoup pensent que lorsqu’ils décident de faire quelque chose, ils le font consciemment. Ils ignorent que ces schémas existent dans leurs trois esprits supérieurs et que ces schémas définissent en grande partie les paramètres de ce qu’ils sont capables de décider consciemment.

Stopper une spirale karmique incontrôlable
Comme je l’ai dit, beaucoup de gens agissent souvent comme des robots ou ordinateurs avec des schémas ou programmes ancrés dans leur subconscient. Ces programmes contrôlent leurs réactions. Par conséquent, leurs actions ne sont pas le fruit d’une décision consciente et physique ; elles sont déterminées par les schémas de leur subconscient. C’est là que réside ce qui peut sembler paradoxal. J’ai expliqué qu’il existe deux approches fondamentales sur le chemin spirituel. On peut chercher à refouler certains sentiments, certaines pensées, un certain sentiment d’identité, voire certaines actions, mais cela ne permet pas d’élever son niveau de conscience. Pour élever sa conscience, il faut examiner ces schémas et les résoudre consciemment : choisir la résolution plutôt que le refoulement et le déni.

En matière d’action, il existe une étape sur le chemin spirituel où il est nécessaire de cultiver une volonté consciente pour empêcher une impulsion issue du subconscient, des trois niveaux de l’esprit, de se manifester sous forme d’action physique. À un certain niveau, on n’est pas pleinement capable de résoudre ces schémas. On ignore comment procéder. On peut manquer de détermination. On peut ne pas avoir la volonté de sonder son propre esprit, de voir la poutre dans son œil, comme Jésus l’a exprimé.

À travers les âges, non seulement le bouddhisme, mais aussi de nombreux autres religions et enseignements spirituels ont établi un code de conduite ou un code d’action pour les membres de cette religion, régissant ce qu’ils peuvent faire et ce qu’ils ne peuvent pas faire. On ne peut pas simplement le rejeter et affirmer qu’il est totalement erroné, même en utilisant les termes « bien » et « mal » dans ce contexte. Je ne cherche pas à le rejeter car toute action peut, bien sûr, créer du karma. Comme je l’ai expliqué, il s’agit d’impulsions énergétiques qui circulent à travers les quatre niveaux et vous reviennent. Si vous vous adonnez constamment à des actions qui créent les formes les plus sévères de karma, vous risquez de saboter votre capacité à élever votre conscience. Il est donc naturel, voire nécessaire, pendant une certaine phase, d’utiliser votre volonté extérieure pour discipliner vos actions, car autrement, vous saboterez votre croissance spirituelle. Vous pouvez étudier un enseignement spirituel, vous pouvez pratiquer certaines disciplines spirituelles, mais si vous vous adonnez de manière répétée à ces actions qui créent les formes les plus sévères de karma, comment pouvez-vous progresser spirituellement ? Votre karma de retour bloquera ou entravera souvent votre croissance spirituelle.

Certaines actions ont été définies à travers les âges par diverses religions. J’en ai moi-même défini il y a environ 2 500 ans. On en trouve également dans l’Ancien Testament : « Tu ne feras point… ». Elles peuvent avoir un certain effet, à un certain niveau, pour enrayer cette spirale karmique incontrôlable dans laquelle beaucoup sont pris au piège depuis de nombreuses vies. À un moment donné, il faut l’interrompre, et en acceptant l’idéal selon lequel certaines choses sont interdites aux adeptes de sa religion, on peut progresser. Ce progrès ne vous mènera toutefois que jusqu’à un certain point, car il n’arrêtera pas complètement la spirale karmique. Il empêchera sa manifestation physique si vous n’agissez pas concrètement, et réduira ainsi l’intensité de la spirale. Si ces schémas persistent dans vos corps émotionnel, mental et identitaire, vous continuez, bien sûr, à les projeter. Simplement, le karma est moins sévère, moins intense.

Le chemin extérieur versus le chemin intérieur
Que faire ensuite, une fois ce stade franchi ? Ce qui, à vrai dire, est le cas de la plupart des personnes spirituellement ouvertes. Pendant vos nombreuses vies, vous n’avez pas souvent commis de meurtres, consommé de drogues ou d’alcool, ni pratiqué d’autres activités de ce genre que je considérais déjà, à l’époque, comme non constructives sur le Noble sentier octuple. Quelle est l’étape suivante ? Eh bien, il s’agit avant tout de reconnaître qu’il ne suffit pas de simplement définir certaines actions. Car le mental extérieur, l’ego, est très habile pour détourner un enseignement spirituel afin de freiner votre progression. Il est très habile pour se dissimuler, de sorte que vous ne le voyiez pas et que vous ne ressentiez pas le besoin de l’abandonner, de le rejeter, de le dissoudre.

L’une des méthodes employées consiste, comme je l’ai déjà évoqué, à créer ce concept de voie extérieure automatique. Cette voie affirme qu’il existe des actions justes et des actions mauvaises. Si vous vous efforcez de vous abstenir des actions mauvaises et de n’accomplir que des actions justes, alors l’atteinte du nirvana est garantie. Si vous continuez simplement à suivre cette voie extérieure automatique, vous serez illuminés à un moment donné. Vous vous abstenez des actions non spirituelles et vous accomplissez des actions spirituelles, notamment les exercices spirituels prescrits par votre religion. Si vous accomplissez ces exercices avec diligence, vous progresserez automatiquement.

Comme je l’ai dit, en vous abstenant d’actions génératrices de karma et en vous engageant dans une pratique spirituelle et des exercices, vous pouvez progresser, mais jusqu’à un certain point seulement. Il arrive un moment où vous ne pourrez plus aller au-delà tant que vous ne vous engagez pas sur le chemin intérieur. Il ne suffit pas de vous abstenir de certaines actions pour en entreprendre d’autres. Vous devez travailler sur votre psychologie, résoudre les schémas, les illusions, ces « moi » enfouis dans votre subconscient, semblables à des programmes informatiques qui contrôlent vos réactions. Vous ne pourrez pas aller au-delà d’un certain point tant que vous n’avez pas découvert et emprunté ce chemin intérieur. Souvent, l’ego définit le chemin extérieur et prétend que, puisque vous êtes si assidus à vous abstenir des mauvaises actions et à accomplir les bonnes, vous n’avez pas besoin de vous examiner. Vous n’avez pas besoin d’explorer votre subconscient. Vous n’avez pas besoin de faire quoi que ce soit qui puisse démasquer le moi, votre ego.

De nombreuses personnes à travers les âges, bouddhistes ou adeptes de diverses traditions spirituelles, ont cru cela. Aujourd’hui encore, beaucoup de bouddhistes et de personnes spirituelles adhèrent à cette voie extérieure. On peut progresser sur cette voie pendant un certain temps, mais il arrive un moment où elle devient un frein à la progression, car elle empêche d’explorer le subconscient.

Quand les efforts spirituels entravent le progrès
Certaines personnes ont défini ce qui est juste et ce qui est mauvais, et s’efforcent de vivre selon cette définition. Pourtant, elles ressentent peu à peu une certaine tension, un certain malaise. Cela tient à une intuition qui leur dit qu’elles ne progressent pas réellement dans leurs actions. Mais leur esprit est très attaché à ce chemin extérieur. Elles sont profondément attachées à cette voie et pensent que changer d’approche prouverait qu’elles se sont trompées. Or, la dernière chose qu’elles souhaitent, c’est de se tromper sur le chemin spirituel.

Elles s’attachent donc et s’accrochent à leurs idées, se cramponnent à leur approche actuelle du chemin spirituel. Ce malaise les pousse à se dire : « Je dois être plus assidu dans ma pratique spirituelle. Je dois m’abstenir davantage de ces mauvaises actions et n’accomplir que les bonnes. » Dans un premier temps, elles pourraient penser qu’il leur est impossible de mener une vie sur Terre. Elles doivent se retirer de la société et entrer dans un monastère, où elles ne tenteront jamais de commettre ces mauvaises actions. Même au monastère, le malaise persiste, et elles se disent alors : « Je dois être plus assidu dans ma pratique spirituelle. » Cela se transforme en trouble obsessionnel-compulsif, au point de croire que la seule action juste qu’elles puissent accomplir est leur pratique spirituelle, qu’il s’agisse de chants, de prosternations, de la rotation d’un moulin à prières, ou autre. Cette obsession grandit jusqu’à leur faire croire que c’est tout ce qu’elles peuvent faire.

Alors, le mental extérieur leur murmurent à l’oreille : « Oh, comme tu es assidu dans ta pratique ! Rares sont ceux qui le sont autant. Cela prouve que tu es un étudiant avancé, et par conséquent, tu n’as pas besoin de sonder ton subconscient, de te regarder dans le miroir. Ignore simplement ces impulsions et concentre-toi sur la pratique juste. » On peut agir ainsi toute une vie, voire des décennies, sans pour autant progresser d’un seul pas sur le véritable chemin. 

La véritable Voie du milieu
Bien sûr, vous voulez éviter cela. Comment y parvenir ? Par la Voie du milieu, que l’on pourrait aussi appeler la Voie supérieure ou la Voie de transcendance. L’esprit linéaire dit : « Voici un extrême, voici un autre. Il existe une échelle entre les deux, différentes nuances, du noir au gris, de plus en plus claires jusqu’au blanc. Lorsque le Bouddha parle de la Voie du milieu, il veut dire qu’il faut trouver le juste milieu entre les deux extrêmes. »

On entend souvent dire : « Oui, je dois m’abstenir des mauvaises actions et pratiquer une activité spirituelle, mais je ne peux pas y consacrer tellement de temps que je n’aie plus une vie active et normale. Il me faut trouver un équilibre. » Cette approche n’est pas totalement erronée, mais il existe une compréhension plus profonde. La Voie du milieu, dans son sens originel, voire dans son expression première, n’était pas la « voie médiane . Elle n’était pas le point d’équilibre entre deux extrêmes. Elle était la Voie supérieure, la Voie de transcendance, la Voie au-delà. La voie qui transcende non seulement les deux extrêmes, mais toute l’échelle dualiste qui les sépare, toutes ses nuances. J’ai dit jusqu’ici que l’esprit dualiste définit les deux polarités opposées. Mais il est parfaitement capable de définir une zone grise entre ces deux polarités, avec ses diverses nuances. L’échelle entière, non seulement les deux polarités, mais aussi leurs nuances et le point d’équilibre, reste définie par l’esprit dualiste.

Se connecter à son plan de vie
Quelle est la voie supérieure pour agir ? Il s’agit de renforcer votre intuition afin de mieux comprendre votre plan de vie. Comme je l’ai déjà dit, lors de l’élaboration de ce plan, vous avez peut-être décidé de vivre une expérience sur Terre dont vous n’avez pas encore eu assez. Vous ressentez le besoin de vous immerger dans cette expérience jusqu’à ce que vous en ayez assez, puis de résoudre ce désir et de le laisser aller. Vous avez transcendé l’activité, le désir, l’expérience. Puis, vous vous incarnez et vous oubliez cela. Vous trouvez un enseignement spirituel qui affirme que l’activité à laquelle vous êtes censés vous adonner pour en avoir assez n’est pas spirituelle. Vous devriez donc vous en abstenir. Vous vous forcez à vous abstenir, et quel en est le résultat ? Vous ne pouvez pas avancer comme prévu dans votre plan divin.

Où veux-je en venir ? Je veux dire qu’on ne peut pas établir une échelle extérieure et affirmer : « Voici comment une personne spirituelle devrait agir, et voici les actions qu’elle ne devrait jamais entreprendre. » Par exemple : « Une personne spirituelle doit être célibataire et s’abstenir de relations sexuelles. » Nombre de personnes spirituelles, notamment dans la tradition bouddhiste, ont raisonné ainsi. Si votre désir sexuel est le dernier attachement qui vous empêche d’atteindre le nirvana, alors cela freinera votre progression. Bien sûr, l’ego peut facilement s’en servir comme excuse et dire : « C’est bien beau, cet enseignement. Cela signifie que je peux faire ce que je veux. Cette expérience fait probablement partie de mon plan de vie. » C’est, bien sûr, tomber dans l’excès inverse. Il s’agit d’utiliser son intuition pour découvrir ce qui fait partie de son plan divin. Peu importe ce que disent les autres ou ce qu’ils ont intégré à leur plan divin. Vous devez découvrir ce qui fait partie de votre propre plan divin, et vous pouvez le faire grâce à votre intuition. Encore une fois, en utilisant ces outils pour accroître votre conscience, surmonter vos schémas de pensée et transformer les énergies basses, vous pouvez gagner en clarté.

Où se trouve l’ancrage de votre plan de vie ? En réalité, il est ancré dans votre Soi supérieur. Votre plan de vie peut être considéré comme un livre, ou du moins une tablette, situé dans un royaume d’énergies supérieures. La seule façon de le voir est de regarder, depuis votre esprit conscient, à travers vos corps émotionnel, mental et identitaire. Mais si ces corps sont imprégnés d’énergies de basse fréquence, d’illusions et de maya, vous ne pourrez pas voir la tablette, ou du moins vous ne pourrez pas la déchiffrer.

En nettoyant vos corps supérieurs des débris, en dissipant les illusions et en purifiant votre énergie, vous commencerez naturellement à entrevoir votre plan de vie. Vous pourrez ainsi discerner votre équilibre personnel et les activités que vous devriez entreprendre pour surmonter ces blocages et vous en libérer.

Un autre aspect de votre plan de vie est, bien sûr, la contribution que vous souhaitiez apporter au progrès de la vie sur Terre, à la conscience collective et à l’amélioration de la condition humaine. De nombreuses personnes spirituelles ont établi des normes quant à ce que cela devrait être. Il arrive souvent qu’elles participent à des œuvres caritatives ou pratiquent leur spiritualité, car c’est ainsi qu’elles contribuent à transformer le monde. Ce n’est pas forcément mal, mais est-ce conforme à votre plan divin ? Peut-être, même en tant que personne spirituelle, souhaitiez-vous apporter une contribution particulière à un domaine spécifique. Vous vouliez proposer une idée pour promouvoir un changement, par exemple dans le monde des affaires, de l’éducation, de la santé ou dans bien d’autres domaines. Peut-être souhaitiez-vous écrire un livre pour aider certains à accéder à certaines compréhensions.

Les possibilités sont nombreuses. Il existe une multitude de choses que vous auriez pu décider de faire, et dans la plupart des mouvements spirituels ou religieux, elles ne seront pas considérées comme spirituelles, précisément parce qu’elles ont ce critère. Là encore, vous risquez de passer à côté de l’opportunité définie dans votre plan de vie. Cela ne vous aidera pas à progresser spirituellement, même si vous pratiquez les exercices spirituels conçus à cet effet. Si cela bloque un aspect précis de votre projet de vie, cela ne contribuera pas à votre croissance spirituelle. Vous aurez peut-être l’impression d’être plus spirituels, plus avancés, mais ce n’est pas la même chose qu’une véritable croissance spirituelle, comme je l’espère vous l’avoir clairement démontré.

Il ne suffit pas d’agir ou de ne pas agir
Il y a ici de très nombreux aspects à prendre en compte, mais pas avec l’esprit extérieur linéaire. En réalité, c’est souvent cet esprit extérieur qui vous empêche de vous connecter intuitivement à votre plan de vie. Vous devez neutraliser cet esprit linéaire qui cherche constamment à établir une norme binaire, où deux pôles sont considérés comme bons ou mauvais, et qui prétend qu’il suffit de faire ceci et de ne pas faire cela pour atteindre votre objectif. Pourquoi n’atteindriez-vous pas votre objectif en accomplissant des actions spirituelles et en vous abstenant d’actions non spirituelles ?

Quel est donc le but ? Qu’est-ce que l’éveil ? C’est un niveau de conscience supérieur. Comment y parvenir ? Uniquement en transcendant votre niveau de conscience actuel et en poursuivant ce processus jusqu’à atteindre les premiers stades de l’éveil. Accomplir des actions extérieures, s’abstenir d’autres actions, ne transformera pas automatiquement votre niveau de conscience. En réalité, nombre de personnes spirituelles se trouvent dans une impasse, où la seule façon pour elles de progresser consiste à remettre en question leurs critères pour juger ce qui est spirituel et ce qui ne l’est pas dans leurs actions, leurs paroles, leurs intentions ou leur vision globale de la vie.

J’ai dit que vous vivez dans un monde précaire où il est impossible de survivre psychologiquement. Aussi, pour survivre, vous devez refouler certains sentiments, certaines pensées, certaines pulsions au niveau identitaire, afin de trouver un certain équilibre et une forme de continuité. À un certain niveau, le refoulement est nécessaire à la survie, mais il constitue aussi le piège originel, la maya, le voile de maya qui maintient les êtres prisonniers de la mer du samsara. Aveuglés par ce voile d’illusion, ils ne voient pas que ce sont les contenus de leur propre esprit qui produisent leur expérience de vie. Par conséquent, le seul moyen de transformer cette expérience est de modifier ces contenus dans l’esprit, et non d’agir sur des éléments extérieurs à eux-mêmes, ni même au niveau de l’action.

Vous devez réévaluer vos actions en fonction de leur impact sur votre niveau de conscience. Certaines actions, comme la drogue, l’alcool et autres substances toxiques, l’abaissent indéniablement. En Inde, une longue tradition veut que certains individus, se réclamant même du yoga ou du swami, consomment diverses drogues, y voyant la voie du progrès spirituel. Si une substance physique pouvait mener à l’éveil, pourquoi la tradition millénaire de maîtres spirituels recommanderait-elle une pratique ardue, au lieu de simplement prendre une drogue ? Peut-être parce que ces maîtres savent que la drogue est une impasse. Elle procure certaines sensations, peut donner l’illusion d’une spiritualité acquise grâce à certaines expériences. Mais rien de ce qui agit sur le cerveau ne peut élever le niveau de conscience. Au contraire, cela peut l’abaisser, ou du moins bloquer toute progression en maintenant le niveau de conscience à un niveau inférieur.

Si vous persistez, votre niveau de conscience diminuera encore davantage. Après un certain temps de consommation de drogues, vous finirez par ressentir intuitivement que vous ne pouvez plus continuer ainsi, que vous n’évoluez plus et qu’il est temps d’avancer. Comme je l’ai dit, cela accroît la tension. Si vous ignorez ce signal et vous obstinez à poursuivre cette pratique, à voler, à tromper autrui ou quoi que ce soit d’autre, il n’y a qu’une seule issue : vous intensifiez votre déni, et plus vous intensifiez votre déni, plus votre niveau de conscience s’abaisse. Vous descendez ainsi l’échelle des niveaux de conscience en vous enfonçant toujours plus profondément dans le déni. D’autres actions peuvent avoir un effet très similaire, mais elles sont considérées par de nombreuses personnes spirituelles comme spirituelles, voire sacrées.

Il existe peu d’informations aujourd’hui sur la situation réelle que j’ai rencontrée en tant que Bouddha il y a plusieurs siècles. J’ai rencontré une forte résistance de la part des brahmanes de l’hindouisme, qui s’estimaient détenteurs du monopole de l’enseignement spirituel dans cette partie de l’Inde. Ils étaient très attachés aux rituels extérieurs. Aujourd’hui, on observe toutes ces fêtes et tous ces rituels où les gens se rendent dans un temple et où un prêtre les asperge de jus de fruits ou accomplit d’autres rites, censés favoriser leur progression spirituelle. Cela s’explique, bien sûr, par le fait que les brahmanes se sont érigés en intermédiaires entre le peuple et le royaume spirituel, ou les dieux, tels qu’ils sont définis dans l’hindouisme. Cela rappelle les autorités religieuses de l’époque de Jésus, qui prônaient une religion selon laquelle le seul moyen d’atteindre Dieu était de passer par l’Église et les prêtres. Jésus fut condamné à mort et exécuté pour avoir contesté cette conception en affirmant que le royaume de Dieu est en nous.

Affirmer que le royaume de Dieu est en nous revient à dire que tout est nature de Bouddha et que chaque être humain a le potentiel d’atteindre la bouddhéité. C’est ce que les prêtres des religions établies ne peuvent supporter. Ils propagent l’idée qu’en accomplissant les actes prescrits par la religion extérieure et en s’abstenant de tout autre, le salut, l’accès au nirvana, ou quoi que ce soit d’autre, sont garantis. Cette croyance est profondément ancrée dans la conscience collective et très ancienne. Nombreux sont ceux qui y croient. Pourquoi ? Parce qu’elle leur donne une excuse pour ne pas examiner leur propre esprit et leur psychologie.

La peur de ce qui se trouve dans le subconscient
Pourquoi les gens refusent-ils de le faire ? Parce qu’ils craignent ce qu’ils pourraient y découvrir. On ne peut comprendre cela sans comprendre la réincarnation. Prenons l’exemple d’un enfant ayant grandi dans une de ces démocraties modernes et prospères. Cet enfant a bénéficié, en apparence, d’une éducation idéale : deux parents aimants, de bons professeurs à l’école, des frères et sœurs attentionnés. Il a, en somme, connu toutes les conditions optimales. Pourtant, cet enfant souffre de troubles psychologiques si graves qu’il est incapable de fonctionner normalement en société. Qu’est-ce qui, dans son éducation ou sa nature, explique cela ? Personne dans sa famille ne présente de prédisposition aux maladies psychologiques ; il ne s’agit donc pas d’une maladie héréditaire. Son enfance n’a subi aucun traumatisme ; l’éducation n’est donc pas en cause. Comment expliquer alors qu’une personne ayant grandi dans des conditions idéales présente des troubles psychologiques aussi graves ? Cela ne peut s’expliquer que par le fait que, dans des vies antérieures, cette personne a vécu de graves traumatismes.

Considérons les nombreuses guerres qui ont eu lieu, même au cours du siècle dernier. Combien de personnes y ont été exposées ? Elles se trouvent désormais dans une nouvelle incarnation, mais elles portent le traumatisme en elles, inscrit dans leurs corps émotionnel, mental et identitaire. Nombreuses sont les personnes aujourd’hui qui se sont réincarnées plusieurs fois. Elles ont subi divers traumatismes, mais elles ont aussi commis des actes profondément égoïstes et égocentriques, se berçant d’illusions quant à leur individualité et croyant que leurs actions envers les autres ne les affecteraient pas. Du moins, tant que leurs actes n’ont pas de conséquences physiques directes, elles restent impunies. Tant qu’elles ne sont pas prises, elles peuvent agir en toute impunité. Ces personnes sont désormais incarnées dans l’époque moderne, et l’un des changements majeurs survenus ces dernières décennies dans la conscience collective est l’essor de la psychologie, de la guérison psychologique, de l’exploration de diverses spiritualités, de la pleine conscience au yoga en passant par différentes thérapies. Elles ont donc commencé à travailler sur leur psychologie.

Une dynamique se dessine dans la conscience collective, selon laquelle il est normal, naturel, nécessaire et constructif de travailler sur sa psychologie. Nombreux sont ceux qui, de leurs vies antérieures, portent en eux non seulement des traumatismes, mais aussi la conscience subtile d’avoir commis des actes répréhensibles. Ils refusent d’y faire face. Ils n’osent pas explorer leur psyché par peur de ce qu’ils pourraient y découvrir. Ils craignent d’être submergés et de ne plus pouvoir fonctionner normalement. Que désirent-ils ? La voie de la facilité, celle où l’on leur promet : « Déclarez Jésus-Christ comme votre Seigneur et Sauveur, et vous serez sauvés. » « Rejoignez cette religion bouddhiste, étudiez ces enseignements, pratiquez ces rituels, et vous atteindrez le nirvana. » « Faites cet exercice de prosternation 10 000 fois au cours de votre vie, et votre salut est garanti. » Voilà ce que les gens désirent.

Encore une fois, comment envisager vos actions d’une manière plus élevée ? Il s’agit de vous demander : « Quel est l’effet de cette action sur ma conscience ? Non seulement en termes d’élévation de mon niveau de conscience, mais aussi en termes de réaction face à une action donnée. Quelle est ma réaction psychologique ? Qu’est-ce que cela réveille en moi ? Qu’est-ce qui est agacé ? » Vous pouvez alors saisir cette opportunité, car vous êtes une personne spirituelle, vous aspirez à progresser spirituellement et vous vous exposez ainsi à des situations où vous êtes, pour ainsi dire, contraint d’agir de manière à faire émerger ce qui n’est pas résolu en vous. C’est l’occasion de prendre conscience d’un problème non résolu, de le résoudre et, par conséquent, de progresser, de franchir une nouvelle étape. Si vous vous considérez comme une personne spirituelle, vous devez opérer ce changement pour être prêts à le faire, pour en comprendre la nécessité et abandonner l’illusion d’une voie automatique. Vous devez observer votre réaction face à ces idées et identifier la résistance que vous opposez à cette introspection.

Les actions ne peuvent pas vous mener au nirvana
Ensuite, on peut aborder une autre étape liée à l’action. Nombreux sont ceux, adeptes des religions traditionnelles, qui affirment que certains actes condamnent à l’enfer. Par exemple, tuer une ou plusieurs personnes vous condamne à l’enfer. Il s’agit là encore d’une pensée dualiste, d’une opposition binaire entre le paradis et l’enfer. Selon eux, votre destination dépendrait de vos actions. Certains actes vous condamneraient à l’enfer, d’autres vous garantiraient l’accès au paradis. Or, cette croyance est profondément ancrée dans la conscience collective, du moins chez ceux qui se sont abstenus des actes susceptibles de les envoyer en enfer. Il n’existe cependant aucun fondement réaliste à cette idée.

Je ne nie pas l’existence d’un niveau d’existence au-delà de l’univers matériel, des quatre niveaux de cet univers. Je ne nie pas qu’il soit possible d’atteindre ce niveau et ainsi se libérer du cycle des renaissances. Vous pouvez ascensionner définitivement de la Terre et vous n’avez plus besoin de vous réincarner. Ce niveau existe. C’est une possibilité, mais il ne correspond pas à la définition religieuse du paradis. On peut dire qu’il existe une différence entre votre situation actuelle et ce royaume supérieur, et cette différence entre votre existence terrestre actuelle et ce niveau supérieur, réside dans votre niveau de conscience. Ce ne sont pas vos actions qui déterminent votre capacité à quitter la Terre et à vous élever vers un niveau supérieur où vous êtes libérés des conflits et de la mer du samsara. C’est seulement votre niveau de conscience qui le détermine.

Prenons un exemple extrême : quel genre d’êtres pourraient accéder à ce royaume supérieur ? Concrètement, l’Église catholique parle du paradis et assure aux bons catholiques l’accès au paradis. Mais peut-on vraiment imaginer le catholique moyen accéder à un royaume supérieur, censé être le paradis ? Prenons l’exemple d’un prêtre catholique. De prime abord, il est difficile de faire mieux que d’être un prêtre. Mais que se passe-t-il si ce prêtre a abusé d’enfants ? C’est un hypocrite, car il prétend être prêtre et homme de Dieu, tout en commettant des abus sur des enfants. Peut-on imaginer qu’une telle personne puisse accéder au paradis avec un niveau de conscience qui la pousse à abuser d’enfants ? Serait-ce possible ? Est-ce concevable ? Certainement pas pour quiconque a développé son intuition. Vous constaterez immédiatement que la grande majorité des gens sur Terre ne pourraient pas accéder au paradis ou au nirvana avec leur niveau de conscience actuel.

Quel est le rapport avec les actions ? Eh bien, beaucoup de personnes qui croient en la réincarnation craignent d’avoir commis, dans une vie antérieure, un acte qui les empêche d’accéder au paradis ou au nirvana, quelle que soit leur définition. Voici la simple vérité que j’ai tenté d’expliquer il y a 2 500 ans, mais je vais vous la présenter de façon encore plus directe. Aucune action que vous puissiez accomplir sur Terre ne vous permettra d’accéder au paradis, et aucune action ne vous en empêchera. Pourquoi ? Parce que ce ne sont pas les actions qui déterminent votre accès au paradis, mais votre niveau de conscience. Bien sûr, une action donnée découle d’un certain niveau de conscience. Si vous avez accompli une certaine action, cela montre qu’au moins dans la vie antérieure où vous l’avez accomplie, ou même dans cette vie, vous aviez ce niveau de conscience, et c’est ce niveau de conscience qui vous empêchera d’accéder au paradis.

Si vous êtes une personne spirituelle, n’ayez pas peur d’explorer votre psychologie ! Car quelles que soient vos actions passées, vous pouvez en surmonter les conséquences en transcendant le niveau de conscience qui les a engendrées. L’univers, Dieu, ou quelle que soit la manière dont vous le concevez, ne se préoccupe pas de vos actions sur Terre. Seul votre niveau de conscience compte. Peu importe que vous ayez fait quelque chose dans une vie antérieure considéré comme non spirituel ou anti-spirituel. Si vous avez transcendé ce niveau de conscience, ou si vous êtes disposés à le faire maintenant, alors vous pouvez et vous serez libérés de ces actions. Ainsi, votre progression sur le chemin spirituel sera proportionnelle à votre évolution de conscience. Ce ne sont pas les actions qui déterminent votre chemin, mais le niveau de conscience. Une fois ce niveau de conscience transcendé, vous n’avez plus à vous sentir coupables.

Comment fonctionne réellement le karma
Vous pouvez tirer profit de l’invocation d’une énergie supérieure pour transformer l’impulsion énergétique créée par l’action, ce que beaucoup appellent le karma. Cette transformation est possible si vous avez résolu la conscience concernée. On peut aussi dire que lorsque vous accomplissez une action, vous envoyez une impulsion dans les quatre niveaux de l’univers matériel. Ces impulsions atteignent le niveau identitaire, sont réfléchies vers vous et pénètrent dans votre corps identitaire. Il s’agit d’une impulsion énergétique. Quel est le rôle de l’énergie ? Elle crée des interférences avec l’énergie de niveau vibratoire similaire. Si vous n’avez pas transcendé la conscience qui vous a poussé à agir, si des illusions et des croyances non résolues persistent dans votre corps identitaire, le retour karmique interagira avec elles et s’en trouvera renforcé. Autrement dit, le retour karmique se transmettra alors au corps mental, amplifié. Si des schémas et des croyances subsistent dans votre corps mental, le retour karmique interagira avec eux et sera encore plus renforcé. Ensuite, elle pénètre dans le corps émotionnel, et si vous avez encore des schémas émotionnels non résolus, elle sera également renforcée par ceux-ci, de sorte que lorsqu’elle franchit la frontière du monde physique, elle peut se manifester par une conséquence grave.

Nombreux sont ceux qui croient au karma et pensent que si vous avez tué quelqu’un dans une vie antérieure, ce retour karmique pourrait entraîner votre propre mort dans cette vie. Il serait impossible de l’empêcher, car vous auriez créé ce karma, et celui-ci devrait se manifester, entraînant inévitablement votre mort. Ceci n’est vrai que si vous n’avez pas transcendé votre conscience. Si vous transcendez cette conscience au niveau identitaire, lorsque le retour karmique se produit, il n’y a aucun élément susceptible de réagir et de le renforcer. En réalité, si vous avez créé des schémas supérieurs, si vous vous êtes libérés des illusions et si vous avez invoqué de l’énergie, son impact peut être atténué.

Le retour karmique descend ensuite au niveau mental. Si vous avez transcendé ces schémas mentaux, plus rien ne le renforce et il s’affaiblisse encore davantage. Il en va de même au niveau émotionnel. Ainsi, lorsqu’il atteint le niveau physique, il peut être complètement transformé en une énergie supérieure, ou se manifester sous une forme beaucoup plus atténuée. Au lieu d’être tué, vous pourriez simplement vous blesser superficiellement.

Comme l’affirme la physique moderne, l’action est indissociable de la réaction. Il n’y a pas d’action sans réaction, ni de réaction sans action. Tout est lié dans cette interdépendance. On pourrait dire : « J’ai accompli une action physique. Cette action a engendré une réaction chez les autres qui m’a affecté. » Ou peut-être pas, car vous êtes restés impunis, mais elle a tout de même provoqué une réaction aux quatre niveaux de l’univers matériel. Elle a également engendré une réaction dans votre esprit. En réalité, l’action était fondée sur un processus mental. Si vous êtes prisonniers de maya et des illusions, dans l’état de conscience de séparation, de l’esprit dualiste, votre action a probablement découlé de schémas de réaction présents dans les trois autres esprits. À chaque action correspond une réaction, mais vous pouvez transcender, transformer la réaction du miroir cosmique, en transcendant la conscience qui a conduit à l’action.

Nombreux sont ceux qui croient au karma, qu’ils perçoivent comme une punition, mais il n’en est rien. C’est une opportunité. Quel est le but de la vie, ai-je dit ? Votre croissance en conscience. Comment y parvenir ? En prenant conscience de ce qui vous maintient à votre niveau actuel, afin de le transcender et d’atteindre un niveau supérieur. Si vous ne le voyiez pas, comment pourriez-vous le transcender ? Parfois, vous pouvez le voir volontairement, par le simple fait de regarder, mais d’autres fois, non. Alors, une circonstance extérieure vous y oblige en provoquant une réaction en vous. C’est précisément le rôle du karma. La loi du karma stipule que si vous tuez un autre être humain, vous commettez une violation grave de son libre arbitre et de son droit à une opportunité de grandir. Si la loi du karma était instantanée, vous devriez mourir sur le champ, mais cela signifierait quitter votre incarnation. Puisque vous ne mourez pas immédiatement, vous devez vivre le reste de votre vie en sachant que vous avez tué un autre être humain.

Cela vous donne l’opportunité de régler le karma dans cette vie. Sinon, les schémas psychologiques qui vous ont poussé à tuer un autre être humain demeureront dans les vies suivantes, même si vous n’en avez pas conscience. Vous aurez alors une nouvelle opportunité de les identifier, de les régler et de les surmonter. Lorsque l’impulsion karmique revient plusieurs vies plus tard, ce n’est pas une punition, mais une opportunité. Si vous n’avez pas transcendé votre conscience, l’impulsion karmique la réveillera, même en l’absence de toute situation extérieure qui la provoque. Vous ne serez peut-être pas confrontés à la tentation de tuer un autre être humain, mais le retour de l’impulsion karmique dans vos corps identitaire, mental et émotionnel, réveillera ce qui n’a pas été résolu. Vous en ferez donc l’expérience et aurez une nouvelle occasion de l’examiner avant que le karma ne se matérialise dans le physique.

Si vous refusez de voir les choses en face, le karma se matérialisera, et vous subirez alors une conséquence physique indéniable. Mais avant cela, vous aviez la possibilité de transformer votre état de conscience. Vous n’en subirez les conséquences physiques que si vous n’avez pas saisi cette opportunité. Où est la punition ? Tout est une opportunité pour ceux qui ont compris l’essence du Noble sentier octuple. Tout est une opportunité. C’est ce sur quoi vous pouvez vous concentrer et que vous pouvez accepter consciemment. Vous pouvez vous interroger, vous pouvez faire appel à votre intuition : « Quelle est l’opportunité ici ? Que dois-je voir dans cette situation ? Quel aspect de ma psyché dois-je résoudre pour transcender cette situation, pour l’utiliser comme tremplin afin de progresser sur le Noble sentier octuple ? »

Ainsi, je vous ai transmis ce que je souhaitais vous donner sur l’action. Je vous scelle dans la joie du Bouddha, sachant que j’ai accompli une action supérieure en vous apportant cet enseignement.

Copyright 2023 Kim Michaels
© Noël Wan pour la traduction française, 20/05/2026

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